À l’approche du congrès des Écologistes prévu en avril, Marine Tondelier, qui brigue un second mandat à la tête du parti, doit faire face à une contestation grandissante. Ancien patron d’Europe Écologie-Les Verts, Julien Bayou a ouvert les hostilités en dénonçant vendredi la « lâcheté » et la « bassesse » de la direction du parti, après avoir été innocenté par la justice d’accusations de harcèlement moral. Il reproche à la direction actuelle d’avoir lancé une enquête interne à grande échelle et de ne jamais avoir reconnu son innocence. Des militants réclament désormais des excuses officielles, ajoutant une pression supplémentaire sur la secrétaire nationale.
Parallèlement, trois candidats, Karima Delli, Harmonie Lecerf et Florentin Letissier, contestent les nouvelles règles du congrès, qu’ils jugent « taillées sur mesure » pour favoriser la réélection de Marine Tondelier. Ils dénoncent des modifications des statuts qui compliqueraient la constitution de listes concurrentes, menaçant de saisir la justice pour contester la légitimité du processus. Le camp de Tondelier, lui, défend un changement nécessaire pour éviter la fragmentation du parti.
Cette contestation s’ajoute aux critiques internes sur la stratégie politique de la secrétaire nationale. Certains élus pointent ses choix incohérents entre les élections européennes et municipales, tandis qu’Éric Piolle, ancien allié, affirme avoir été marginalisé pour l’empêcher de briguer un poste de porte-parole. À deux mois du congrès, Marine Tondelier doit désormais naviguer entre cette fronde interne et la nécessité de maintenir son parti soudé face aux échéances électorales.
