Des députés de tous bords se mobilisent ce lundi à l’Assemblée nationale pour alerter sur la montée du chemsex, une pratique à haut risque mêlant consommation de drogues et rapports sexuels. Portée par la députée macroniste Brigitte Liso, une proposition de résolution appelle l’État à mettre en place une stratégie nationale de prévention. Le texte est soutenu par 124 parlementaires, hors LFI et RN initialement non sollicités.
Une menace sanitaire et sociale de plus en plus visible
Le chemsex, longtemps marginal, touche aujourd’hui jusqu’à 200 000 personnes en France selon un rapport remis au ministère de la Santé. Principalement pratiqué par des hommes ayant des rapports avec des hommes, il se propage désormais chez les jeunes de tous milieux, facilitée par les applications de rencontre et la circulation facile des drogues. Les risques sont nombreux : rapports non protégés, overdoses, comas, agressions sexuelles et addictions graves.
Le sujet a été médiatisé avec l’affaire Pierre Palmade, mais aussi par l’affaire du député LFI Andy Kerbrat, en arrêt maladie après avoir reconnu une addiction liée au chemsex. Une première tentative d’inscription budgétaire en 2024 avait été écartée. Brigitte Liso espère cette fois l’adoption d’un message politique clair, même si le texte n’est pas contraignant.
Le RN, par la voix de Thierry Frappé, a apporté son soutien, tout comme LFI. La députée écologiste Ségolène Amiot redoute une « vague » à venir que les services d’addictologie ne seraient pas en capacité de gérer. Elle alerte aussi sur l’absence de réseau de prévention pour les hétérosexuels, contrairement à ce qui existe dans le milieu LGBT+. Le vote prévu ce lundi pourrait envoyer un signal fort, alors que les faits divers se multiplient. Le consensus politique autour du sujet semble inédit. Reste à savoir si le gouvernement suivra en actes les intentions votées dans l’hémicycle.
