Marine Le Pen a présenté mardi 6 octobre une trajectoire de redressement des finances publiques fondée sur un objectif de 140 milliards d’euros d’économies nettes à l’horizon 2032, par rapport à 2026. Lors d’une conférence de presse consacrée aux propositions du Rassemblement national pour le budget 2027, la cheffe de file des députés RN a justifié ce montant par la hausse des taux d’intérêt et ses critiques du projet gouvernemental. Cette annonce intervient avant l’ouverture des débats budgétaires à l’Assemblée nationale et inscrit déjà la présidentielle dans la discussion sur les comptes publics.
Le parti vise un retour à l’équilibre primaire en dix-huit mois, c’est-à-dire un équilibre entre recettes et dépenses publiques hors paiement des intérêts de la dette. Il souhaite également ramener le déficit public sous le seuil de 3 % du produit intérieur brut en 2030. Ces deux objectifs répondent à des étapes différentes : atteindre l’équilibre primaire ne suffit pas à supprimer le déficit total, puisque les intérêts restent à financer. Le montant annoncé devra donc être apprécié au regard des dépenses concernées, des recettes attendues et du calendrier d’application des mesures.
Une règle d’or constitutionnelle pour crédibiliser la trajectoire
Marine Le Pen entend accompagner cette stratégie d’une règle d’or budgétaire inscrite dans la Constitution par référendum. En proposant un engagement institutionnel, le RN cherche à donner davantage de poids à sa promesse de discipline financière. La portée du dispositif dépendra toutefois de son contenu précis, notamment des contraintes imposées et des éventuelles exceptions. À ce stade, l’annonce d’un principe constitutionnel ne permet pas, à elle seule, d’évaluer la faisabilité des économies promises ni leurs conséquences sur les politiques publiques.
Jordan Bardella, présenté comme le futur premier ministre en cas de victoire du RN à la présidentielle, doit détailler le premier budget que le parti souhaite mettre en œuvre dès l’été 2027. Cette présentation sera déterminante pour passer d’un objectif global à des choix concrets. L’enjeu pour le RN consiste à démontrer que ses engagements électoraux peuvent s’inscrire dans la trajectoire annoncée. La répartition des efforts et le chiffrage des mesures permettront d’apprécier la cohérence d’un programme qui place désormais le redressement budgétaire au premier plan de sa préparation présidentielle.

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