Dix milliards d’euros pour le gouvernement, près de vingt milliards pour le Medef : l’effort demandé aux entreprises dans le projet de budget 2027 fait l’objet d’un désaccord. Dans un entretien à La Tribune Dimanche, Roland Lescure conteste le calcul de l’organisation patronale. Le ministre de l’Économie évalue la contribution à environ 10 milliards d’euros, en intégrant notamment la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises et une contribution visant les grands groupes de fret maritime.
Le Medef retient un périmètre plus large et dénonce une accumulation de prélèvements sectoriels. Il cite les mesures concernant les autoroutes, les produits transformés sucrés, le transport maritime, les assurances automobiles et les complémentaires santé. L’organisation critique également le gel des allègements de cotisations patronales et l’intégration de certains compléments de rémunération dans leur assiette de calcul. Ces deux dernières mesures représenteraient, selon les montants rapportés, 6,6 milliards d’euros. La participation, l’intéressement et la prime de partage de la valeur seraient concernés.
Une surtaxe réduite, mais des prélèvements contestés
Bercy met notamment en avant la diminution de la surtaxe sur les bénéfices des plus grandes entreprises. Son rendement attendu serait ramené à 5 milliards d’euros en 2027, contre 7,3 milliards l’année précédente. Cette baisse intervient toutefois dans un projet comportant d’autres contributions et des modifications des cotisations sociales. Le désaccord porte donc sur l’ampleur de la charge globale, sans que les déclarations disponibles permettent de rapprocher précisément les deux calculs poste par poste. Les dispositions devront encore être examinées au Parlement.
Cette confrontation intervient alors que le gouvernement mise sur une croissance de 1 % en 2027, une hypothèse jugée optimiste par le Haut Conseil des finances publiques. Roland Lescure défend cette prévision en soulignant la résistance de l’économie française et un taux d’épargne des ménages supérieur à 17 %. Il estime qu’une trajectoire budgétaire plus rassurante pourrait favoriser la consommation et l’investissement. Le Medef considère, à l’inverse, que les prélèvements prévus risquent d’affaiblir les entreprises et, avec elles, l’activité économique.

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