La cour d’assises spéciale de Paris a condamné mercredi une femme de 45 ans à douze années de réclusion criminelle pour son implication au sein de l’organisation État islamique. Partie en Syrie en 2013 avec son mari et leurs enfants, elle était jugée pour participation à une entreprise terroriste ainsi que pour avoir exposé ses enfants à un environnement mettant gravement en danger leur sécurité et leur développement.
Au cours de son procès, l’accusée a reconnu avoir entraîné sa famille dans une trajectoire dramatique, exprimant ses regrets et demandant pardon à ses cinq enfants. Les magistrats ont toutefois estimé qu’elle n’avait pas pleinement mesuré ni reconnu son adhésion à l’idéologie portée par le groupe jihadiste, malgré plusieurs années passées dans les territoires contrôlés par celui-ci.
Un parcours marqué par une radicalisation progressive
Issue d’un milieu stable et diplômée d’études scientifiques de haut niveau, cette ancienne professionnelle du secteur nucléaire avait quitté la France pour rejoindre son époux, converti à l’islam puis radicalisé. Après un passage en Jordanie et en Égypte, le couple s’était installé en Syrie avec leurs enfants. Son premier mari y est mort au combat en 2015, avant qu’elle ne se remarie et poursuive sa vie sous l’autorité de l’organisation terroriste.
Selon les éléments examinés à l’audience, elle a occupé une fonction rémunérée dans une structure liée à l’État islamique jusqu’à la chute du califat. Si la cour n’a pas retenu un rôle dirigeant, elle a considéré que son engagement au sein de l’organisation démontrait une adhésion durable au système mis en place par le groupe. Les juges ont également souligné les conséquences particulièrement lourdes de ce choix pour ses enfants, confrontés durant plusieurs années aux violences de la guerre et de l’idéologie jihadiste.
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