Le procès en appel de Cédric Jubillar n’aura pas lieu en septembre. Initialement programmée du 21 septembre au 16 octobre 2026 à Toulouse, l’audience a été renvoyée au premier trimestre 2027. La décision a été annoncée mardi 21 juillet par la cour d’appel de Toulouse, après les derniers développements qui ont bouleversé le dossier.
Le calendrier de septembre officiellement abandonné
La justice estime que les nouvelles investigations ne pourront pas être achevées avant l’automne. Les différentes parties doivent également disposer du temps nécessaire pour prendre connaissance des résultats, demander d’éventuelles expertises complémentaires et préparer leurs arguments. « Compte tenu des délais nécessaires à la réalisation des actes restant à entreprendre, au déroulement serein de l’enquête et au respect du contradictoire, [il a été décidé] d’ordonner le renvoi de l’audience qui devait initialement se tenir à compter du 21 septembre 2026 », précise le communiqué de la cour d’appel. Aucune date exacte n’a encore été fixée. Le second procès doit désormais être organisé au cours des trois premiers mois de l’année 2027.
Les aveux de Cédric Jubillar ont changé le dossier
Ce report survient après le revirement complet de Cédric Jubillar. Le 6 juillet, ses nouveaux avocats ont annoncé qu’il reconnaissait désormais être à l’origine de la mort de son épouse. Dans une lettre manuscrite, il a également indiqué être prêt à livrer les circonstances des faits et à guider les enquêteurs jusqu’à l’endroit où il avait laissé le corps. Cette reconnaissance est arrivée après plus de 5 ans de dénégations. Depuis la disparition de Delphine Jubillar, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines, Cédric Jubillar avait toujours affirmé ne pas savoir ce qui était arrivé à son épouse.
Le corps de Delphine retrouvé dans un champ
Les indications fournies par Cédric Jubillar ont conduit les gendarmes jusqu’à une parcelle agricole située à Mailhoc, à une dizaine de kilomètres du domicile du couple. Des ossements ont été découverts le 16 juillet, notamment deux fémurs. Les analyses ADN ont confirmé le 19 juillet qu’il s’agissait bien des restes de Delphine Jubillar. La découverte du corps ouvre un nouveau volet d’investigations. Les experts doivent examiner les restes de la jeune femme afin de rechercher des éléments permettant de préciser les causes et les circonstances de sa mort. Les déclarations de Cédric Jubillar doivent également être confrontées aux constatations médico-légales, aux données téléphoniques et à l’ensemble des éléments recueillis depuis décembre 2020.
De nouvelles vérifications avant le second procès
Ces investigations doivent permettre d’établir si le témoignage désormais livré par Cédric Jubillar correspond aux faits. Les magistrats peuvent ordonner de nouvelles auditions, des expertises ou des reconstitutions. Les parties civiles et la défense doivent ensuite avoir accès à ces éléments et pouvoir les discuter avant l’ouverture de l’audience. La tenue du procès dès le mois de septembre était devenue difficilement envisageable. Quelques jours après les aveux, la justice avait déjà indiqué que ces révélations constituaient un élément nouveau susceptible de justifier des actes complémentaires.
Condamné à 30 ans de réclusion en première instance
Pour rappel, Cédric Jubillar a été reconnu coupable du meurtre de son épouse le 17 octobre 2025 par la cour d’assises du Tarn, après quatre semaines de procès à Albi. Il a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle. Ses avocats avaient immédiatement annoncé leur décision de faire appel.
Le premier procès s’était déroulé sans que le corps de Delphine ait été retrouvé et alors que l’accusé continuait de nier toute responsabilité. Le prochain procès reposera désormais sur un dossier profondément remanié, comprenant ses aveux, la localisation du corps, les résultats des analyses médico-légales et les vérifications menées depuis ses nouvelles déclarations.
Cédric Jubillar reste incarcéré dans l’attente de son procès en appel. Il sera donc rejugé devant la cour d’assises de la Haute-Garonne au début de l’année 2027.