L’animateur du podcast Legend a déposé plainte contre Les Inrockuptibles après une enquête du magazine. Le document, que nous avons pu consulter, fait valoir le témoignage de deux ex-collaborateurs de Guillaume Pley, qui confirment que les comptes de messagerie de la star étaient gérés par plusieurs personnes. Des témoignages de poids, car ils engagent la responsabilité pénale de leurs auteurs.
Bientôt le bout du tunnel pour Guillaume Pley ? Dans la tourmente médiatique depuis plusieurs semaines, l’animateur vedette du podcast Legend a décidé de contre-attaquer. Sur le plan judiciaire cette fois, après s’être tout d’abord défendu via un communiqué publié sur Instagram. Dans ce dernier, Guillaume Pley dit « regretter profondément » la teneur des messages échangés avec des adolescentes quand l’animateur travaillait chez NRJ. C’est le témoignage – anonyme – de ces jeunes femmes, mineures au moment des faits présumés, qui a mis le feu aux poudres.
Dans son communiqué, Guillaume Pley affirme également que « ces messages n’émanaient pas tous de (lui) directement, car tous (ses) comptes sociaux étaient co-gérés avec (son) équipe ». Sans explicitement nier être lui-même l’auteur des messages incriminés, l’ex-animateur de NRJ avance donc l’hypothèse selon laquelle d’autres membres de son équipe d’alors auraient pu écrire de leur propre chef à de jeunes spectatrices et fans de l’émission. Une information difficile à vérifier des années plus tard, et que certains ex-collègues de Guillaume Pley ont démentie.
Deux témoins clés appuient la version de Guillaume Pley
Mais l’animateur de Legend ne compte pas en rester là. Le 11 août, Guillaume Pley et son avocate, Me Jade Dousselin, ont déposé plainte avec constitution de partie civile pour diffamation publique à l’encontre d’Iban Raïs et d’Emmanuel Hoog, respectivement journaliste et directeur de la publication des Inrockuptibles. C’est ce magazine qui, le 5 août, avait sorti une enquête à charge contre l’animateur, l’accusant notamment d’entretenir une correspondance ambiguë avec des « jeunes filles, parfois mineures ».
La plainte de Guillaume Pley, dont la rédaction a pu prendre connaissance, est accompagnée de deux témoignages qui confortent la version du présentateur. L’un des témoins, qui faisait alors partie de l’équipe des animateurs de NRJ, affirme ainsi par écrit que « tout le monde était mobilisé pour interagir avec les auditeurs et les fans via les réseaux sociaux de la station, bien sûr, mais également via les comptes de l’émission de l’animateur principal ». « Concrètement, ces comptes étaient accessibles assez largement dans les équipes en particulier aux co-animateurs, stagiaires, community manager », poursuit le même témoin.
« Ces personnes pouvaient s’y connecter, publier, répondre aux fans, lancer des interactions. Ce n’était pas un secret, ce n’était pas un abus. De la même manière, le téléphone de Guillaume Pley passait de main en main chez les équipes de community management et “JM du standard” en particulier », complète la même personne. « Alors quand j’entends dire que Guillaume Pley gérait tout seul les comptes de l’émission, que tout ce qui s’y passait relevait de sa seule responsabilité personnelle, je ne peux pas cautionner cela », conclut ce premier témoin.
Ce témoignage est corroboré par un second, de la part d’un ancien manager de NRJ. Selon ce deuxième témoin, « dire que Guillaume Pley gérait seul ses réseaux sociaux est non seulement faux mais c’est (…) une ineptie. (…) Le volume de publications, la continuité des interactions jour et nuit, la gestion permanente d’une communauté de fans : aucun animateur (…) ne pouvait assumer cela seul. Et personne ne le faisait. La réalité de NRJ à cette époque, c’était pour chaque show une gestion collective des réseaux sociaux. (…) Des messages pouvaient partir à n’importe quelle heure (…) sans que l’animateur concerné en soit nécessairement l’auteur, ni même au courant ».
Des témoignages authentifiés qui pourraient peser dans la balance
Importants, ces deux témoignages viennent donc appuyer la version de Guillaume Pley. Surtout, ils sont issus d’une plainte officielle en justice : si l’identité des deux témoins cités par l’animateur demeure inconnue, ceux-ci ont forcément signé leurs déclarations en leur nom. Les témoins ont même dû remplir un formulaire Cerfa comprenant leur nom complet, leur qualité et leur adresse, document en vertu duquel ils engagent leur responsabilité devant la loi. Cet engagement est écrit de leur propre main sur le document Cerfa, que nous avons également pu consulter : « Est puni d’un an d’emprisonnement et de 15000 euros d’amende le fait d’établir une attestation faisant état de faits matériellement inexacts ».
Du point de vue de la justice, les deux témoignages que fait valoir Guillaume Pley ont donc beaucoup plus de force et de légitimité que de simples témoignages sur les réseaux sociaux, ou encore des accusations anonymes. Cela suffira-t-il à blanchir le fondateur de Legend ? Guillaume Pley, qui fut animateur sur la station de radio NRJ de 2011 à 2018, mène désormais un empire médiatique dont la tête de proue est la chaîne vidéo Legend, qui cumule plus de 3,7 millions d’abonnés sur YouTube. Aucune plainte n’a, pour l’heure, été déposée contre lui.
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