Vendredi 24 juillet, l’Iran a revendiqué des attaques de drones contre des installations militaires américaines dans trois pays du Golfe, en réponse à de nouveaux bombardements américains sur son territoire. Le soir même, l’Arabie saoudite frappait la ville yéménite de Hodeïda, tenue par les rebelles houthis.
Les frappes américaines ont visé cette nuit-là huit provinces iraniennes, dont celles de Markazi, Yazd et Ispahan, s’enfonçant davantage vers l’intérieur du territoire par rapport aux raids précédents qui ciblaient surtout les régions bordant le Golfe. Téhéran a répondu dès le matin.
L’armée iranienne a annoncé avoir envoyé des drones kamikazes Arash contre « les réservoirs de carburant, les grands entrepôts de matériel, les silos et les casernes » de la base aérienne Isa à Bahreïn. Les autorités bahreïnies ont affirmé avoir repoussé plusieurs attaques, mais un journaliste de l’AFP présent sur place a entendu de fortes explosions après le déclenchement des sirènes d’alerte.
Les Gardiens de la révolution ont également revendiqué des « dégâts importants » à une tour de surveillance de la Cinquième flotte américaine, et affirmé avoir détruit un centre de données d’Amazon à Bahreïn. Ni le géant américain du commerce en ligne, ni les autorités bahreïnies n’ont réagi à ces déclarations.
En Jordanie, l’Iran dit avoir ciblé la base d’Al-Azraq, visant des hangars pour aéronefs, des hangars de maintenance et des casernes. Amman a indiqué avoir abattu sept missiles et six drones iraniens. Au Koweït, Téhéran a revendiqué des frappes contre la base aérienne Ali al-Salem, les dépôts de Camp Udairi et les installations de Camp Arifjan.
L’Iran considère comme cibles légitimes toutes les installations régionales mises à disposition des forces américaines pour frapper son sol. Les Gardiens de la révolution ont appelé vendredi les civils du Moyen-Orient à s’éloigner de tout site hébergeant des soldats américains. Le chef de l’armée iranienne Ali Abdollahi a menacé : « Pour chaque fier citoyen iranien tué, un soldat américain sera envoyé en enfer. »
Dans la soirée, l’Arabie saoudite a lancé des frappes sur Hodeïda, port de la côte ouest du Yémen contrôlé par les rebelles houthis. Une source sécuritaire a confirmé à l’AFP que des sites houthis avaient été touchés.
Les Houthis, qui avaient annoncé lundi un blocus maritime ciblant les navires saoudiens en mer Rouge et dans le golfe d’Aden, ont précisé vendredi qu’ils n’entendaient pas fermer le détroit de Bab el-Mandeb. « Il n’y a pas de fermeture de Bab el-Mandeb », a soutenu le négociateur du groupe Mohammed Abdusalam, assurant que le blocus ne concernerait que « la partie saoudienne ». Les rebelles ont néanmoins revendiqué jeudi des attaques contre deux tankers saoudiens, dont l’une a été confirmée par Riyad, qui a signalé un incendie à bord d’un navire appartenant à une société saoudienne.
Après avoir flambé jeudi, les cours du pétrole ont nettement reculé vendredi : le baril de Brent est repassé sous les 100 dollars, loin toutefois des niveaux observés après la signature d’un protocole d’accord irano-américain à la mi-juin.
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