Doha maintient ses efforts de médiation entre Washington et Téhéran tout en avertissant que les perturbations économiques liées au conflit pèsent sur l’ensemble de la planète. La visite d’un ministre iranien au Qatar illustre la poursuite de contacts diplomatiques discrets.
Le Qatar n’entend pas se retirer du jeu diplomatique. Depuis Doha, les autorités qatariennes ont confirmé mardi que les négociations entre les États-Unis et l’Iran se poursuivaient, malgré l’enlisement d’un conflit qui dure depuis la fin du mois de février. Ibrahim ben Sultan Ibrahim Al Hashmi, directeur du département des médias et de la communication du ministère des Affaires étrangères, a été catégorique : « Je peux confirmer que les négociations se poursuivent. Les contacts et les visites se poursuivent dans le but de faire progresser les discussions entre Washington et Téhéran. »
Doha se dit prêt à accueillir une délégation iranienne pour prendre connaissance des dernières positions de Téhéran. Cette ouverture intervient alors que le détroit d’Ormuz, passage maritime stratégique pour les exportations pétrolières du Golfe, reste perturbé par les blocus navals imposés successivement par l’Iran et les États-Unis depuis le déclenchement des hostilités. Le rétablissement de la liberté de navigation dans ce goulet d’étranglement figure parmi les priorités affichées par la diplomatie qatarienne.
La semaine passée, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères avait qualifié d’« insoutenable » la pression exercée sur l’économie mondiale, soulignant que les répercussions dépassaient largement le seul secteur des hydrocarbures. Les approvisionnements en intrants pour engrais, en hélium et en aluminium sont également affectés, avait-il précisé. Al Hashmi a repris ce message mardi en termes plus directs : « Le monde entier en paie le prix. »
La journée a été marquée par une rencontre entre l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, et le ministre iranien de l’Intérieur, Eskandar Momeni, venu à Doha pour évoquer l’évolution de la situation régionale. Momeni a également rencontré son homologue qatari. Selon des médias semi-officiels iraniens, les discussions ont notamment porté sur le sort de trois pilotes militaires iraniens que Téhéran affirme détenus par le Qatar depuis le début du conflit. Leur appareil aurait été abattu dans l’espace aérien qatari en mars dernier. Doha dément toute détention et indique que des équipes de recherche ont retrouvé la dépouille de l’un d’eux. Une délégation technique doit se réunir prochainement pour tenter d’avancer sur ce dossier sensible.
Sur le plan militaire régional, le Qatar a apporté son soutien à l’alliance de défense de La Mecque, constituée le 7 août dernier entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan. Réunis lundi en urgence à Riyad, les trois pays ont décidé d’activer leurs engagements de défense collective et de déployer des forces supplémentaires sur le territoire saoudien. Al Hashmi a toutefois estimé qu’il était « trop tôt pour parler d’une adhésion du Qatar » à ce pacte militaire, tout en condamnant les attaques des houthistes yéménites contre des infrastructures civiles et des lieux saints de l’islam en Arabie saoudite. Les houthistes, de leur côté, rejettent les accusations saoudiennes concernant des frappes visant La Mecque et Médine.

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