Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré lundi que Kiev était disposée à prendre des « mesures de désescalade » à condition que la Russie s’y engage également, sans pour autant confirmer les affirmations de Donald Trump sur un accord mutuel d’arrêt des frappes contre les infrastructures énergétiques.
Volodymyr Zelensky a choisi ses mots avec soin. Dans son allocution quotidienne diffusée sur les réseaux sociaux le 14 septembre, le président ukrainien a conditionné toute désescalade à une volonté russe « sincère et durable » de mettre fin au conflit. « Si nos partenaires américains parviennent à obtenir de la Russie une réelle volonté de mettre fin à cette guerre qui détruit des vies, l’Ukraine prendra ses propres mesures de désescalade », a-t-il affirmé.
La veille, Donald Trump avait affirmé que Kiev « a accepté de ne pas attaquer des cibles énergétiques russes » et que Moscou « a accepté de faire de même ». Zelensky n’a ni confirmé ni démenti cette version. Il a simplement reconnu qu’une « proposition ferme » américaine portant sur un arrêt mutuel des frappes contre les infrastructures critiques était sur la table, et que l’Ukraine était « prête à soutenir cette désescalade » si elle constituait une première étape vers la paix. Le Kremlin n’a pas réagi dans l’immédiat.
Trump avait interpellé directement Zelensky dimanche, depuis l’Irlande, en lui demandant d’« arrêter » les attaques ukrainiennes contre les raffineries de pétrole russes, invoquant la hausse des prix du diesel dans le monde. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a de son côté justifié l’intensification des frappes russes en accusant Kiev d’avoir « ouvert la boîte de Pandore ».
Sur le terrain, les deux belligérants s’affrontent depuis des mois dans une escalade des frappes à longue distance qui frappe un nombre croissant de sites civils : usines, entrepôts, infrastructures énergétiques et portuaires, navires en mer Noire. Ces attaques ont provoqué une crise du carburant en Russie et paralysé une large part des exportations agricoles ukrainiennes, tout en frappant durement les secteurs de la métallurgie et de la grande distribution.
Le réseau ferroviaire ukrainien est désormais lui aussi dans le viseur. Oleksandre Pertsovsky, PDG d’Ukrzaliznytsia, a alerté lundi l’AFP sur « une campagne de frappes pratiquement ininterrompue » contre les voies ferrées, dont l’intensité « s’accroît de manière exponentielle ». La veille, un train avait été touché près de la frontière polonaise. Le rail est un maillon vital en Ukraine depuis la suspension des liaisons aériennes en 2022 : civils, diplomates, soldats et matériel militaire en dépendent.
Sur le plan diplomatique, les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner s’étaient rendus il y a deux semaines à Moscou et à Kiev pour relancer des efforts au point mort depuis le début de l’année. Zelensky, qui prévoit de rencontrer Trump fin septembre à New York, espère une reprise des pourparlers directs avec la Russie dès ce mois-ci, après les législatives russes des 18-20 septembre. Le Kremlin n’a pas exclu une réunion en octobre.

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