En visite à Bruxelles, le secrétaire général de la Ligue islamique mondiale a affiché sa confiance dans les institutions et les textes fondamentaux européens pour contenir les dérives politiques, tout en appelant au respect des pratiques religieuses dans le cadre constitutionnel.
Le cheikh Mohammad ben Abdelkarim Al-Issa s’est rendu vendredi à Bruxelles pour une série de rencontres avec des responsables politiques, des représentants religieux et des acteurs de la société civile, réunis autour d’un forum de haut niveau consacré au dialogue et à la cohésion sociale. Le secrétaire général de la Ligue islamique mondiale, organisation basée à La Mecque et fondée en 1962, a fait du dialogue le fil conducteur de ses interventions, le qualifiant de « langage de la raison et de la sagesse ».
Sa visite s’inscrit dans un contexte politique européen marqué par la progression de partis d’extrême droite. En Allemagne, l’AfD est arrivée en tête de scrutins régionaux en Saxe-Anhalt et en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale en septembre. En France, une élection présidentielle est attendue en 2027, tandis que des échéances législatives approchent en Italie, en Pologne et en Grèce.
Face à ces évolutions, le responsable saoudien a tenu à relativiser les inquiétudes. « Pour ce qui est des discussions sur l’émergence d’une droite dure dans certains pays européens, nous ne sommes généralement pas inquiets. Chaque pays européen dispose d’une constitution moderne que personne ne peut outrepasser », a-t-il déclaré. Il a ajouté que toute dérive par rapport aux valeurs constitutionnelles pousserait « la société à s’exprimer et à remettre les choses en ordre », citant également le rôle des cours constitutionnelles comme garde-fous institutionnels.
Al-Issa a étayé son propos en évoquant des situations similaires observées dans d’autres pays, où des mécanismes de contrôle constitutionnel associés à une société civile active auraient permis de corriger les excès de certains gouvernements.
La question de la liberté religieuse a également occupé une place centrale dans ses échanges. Le sujet est d’autant plus sensible que le gouvernement italien a récemment approuvé un décret interdisant les couvre-visages dans les établissements scolaires, hors motif médical ou pédagogique. La présidente du Conseil Giorgia Meloni avait explicitement mentionné la burqa et le niqab en annonçant cette mesure. Le cheikh Al-Issa a appelé au « respect des pratiques propres à chaque religion, à condition qu’elles n’entrent pas en contradiction avec la Constitution », estimant que les textes fondamentaux européens garantissent en principe l’accomplissement des rites religieux.

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