MONDE États-Unis

Stephen Miller, idéologue de la ligne dure, propulsé chef de cabinet de Trump

Stephen Miller, idéologue de la ligne dure, propulsé chef de cabinet de Trump
Stephen Miller, idéologue de la ligne dure, propulsé chef de cabinet de Trump

Donald Trump a nommé Stephen Miller au poste de chef de cabinet de la Maison-Blanche, en remplacement de Susie Wiles. Cette promotion place au sommet de l’appareil présidentiel l’un des architectes les plus controversés de la politique migratoire américaine, au lendemain d’une défaite républicaine aux élections de mi-mandat.

C’est un signal politique fort que Donald Trump envoie à ses adversaires. En choisissant Stephen Miller comme nouveau chef de cabinet, le président américain place à ses côtés l’homme qui, plus que tout autre, incarne la radicalité de son agenda sur l’immigration. La nomination a été annoncée vendredi, quelques jours après que le Parti républicain a perdu le contrôle des deux chambres du Congrès face aux démocrates lors des élections de mi-mandat.

Âgé de 41 ans, Miller est l’une des figures les plus anciennes de l’entourage de Trump. Il avait rejoint la campagne présidentielle de 2016 comme rédacteur de discours, à une époque où peu pariaient sur la victoire du milliardaire new-yorkais. Depuis, il n’a jamais quitté le premier cercle. En tant que directeur adjoint de cabinet, il était déjà considéré comme le principal concepteur de la politique migratoire de l’administration, plaidant notamment pour que les agents fédéraux procèdent à 3 000 arrestations par jour et pour un élargissement des pouvoirs de l’agence de contrôle de l’immigration (ICE).

Trump a justifié ce choix en termes simples : Miller « comprend » les enjeux, est « très bon politiquement » et sera « un excellent manager ». Susie Wiles, qui occupait le poste depuis l’investiture présidentielle, rejoint quant à elle la structure politique du mouvement Trump. Elle a qualifié son passage à la Maison-Blanche d’« honneur d’une vie ».

Au-delà de l’immigration, Miller s’est illustré par des prises de position qui ont régulièrement alimenté la controverse. Sur la scène internationale, il a défendu des frappes extrajudiciaires contre des embarcations dans la mer des Caraïbes soupçonnées de transporter de la drogue, ainsi que l’opération militaire visant à capturer le dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro en janvier dernier. En janvier 2026, il avait affirmé sur CNN que les États-Unis avaient le droit de s’emparer du Groenland, territoire danois que Trump considère comme une nécessité stratégique. « Nous vivons dans le monde réel, Jake, un monde gouverné par la force, par la puissance. Ce sont les lois d’airain du monde depuis la nuit des temps », avait-il déclaré au présentateur Jake Tapper.

Sur le plan intérieur, Miller n’a pas davantage ménagé ses mots. Durant la campagne des mi-mandats, il a qualifié les démocrates d’« extrémistes, de monstres et de fous qui haïssent l’Amérique » sur les réseaux sociaux, et a relayé des allégations non étayées de fraude électorale en Californie et en Alaska. Il est également crédité d’avoir élaboré en coulisses une stratégie d’obstruction législative pour contrer les initiatives démocrates au Congrès, Trump ayant lui-même annoncé qu’il userait abondamment de son droit de véto.

La réaction de l’opposition n’a pas tardé. Le représentant démocrate de New York Hakeem Jeffries, pressenti pour prendre la tête de la Chambre des représentants, a dénoncé sur les réseaux sociaux un « xénophobe dangereux et extrémiste irresponsable qui a du sang américain sur les mains », en référence aux décès survenus lors de manifestations contre les opérations de l’ICE. Le sénateur Chuck Schumer, qui devrait devenir chef de la majorité sénatoriale démocrate en janvier, a estimé que Trump n’avait « rien appris » de la déroute électorale républicaine. « Trump n’aurait pas pu faire pire choix. Nos majorités démocrates le combattront à chaque étape », a-t-il averti.

Partager cet article

Votre actualité, selon vos intérêts

Choisissez les rubriques et la langue de votre newsletter. Vous pourrez modifier vos préférences à tout moment.

Réagir à l’article

Soyez le premier à commenter cet article.

Réagir à cet article

Les commentaires sont modérés. Les messages promotionnels, les envois automatiques et les liens abusifs sont bloqués.

Votre premier commentaire, ou tout message contenant un lien, peut être placé en attente de validation.

Application Entrevue

L’info partout avec vous

Retrouvez l’actualité, les alertes et vos rubriques préférées dans une expérience pensée pour le mobile.

Écran Alertes de l’application Entrevue : les dernières alertes info
Écran de personnalisation des rubriques de l’application Entrevue
Écran Actu de l’application Entrevue : le récit à la une