L’Union européenne a revu à la baisse sa proposition faite au Canada d’engager des négociations sur un statut de « membre associé », sous la pression de désaccords entre États membres. Le sommet UE-Canada de Montréal, qui se tient jeudi et vendredi, s’ouvre ainsi sur une ambition diplomatique amoindrie.
Ce qui devait marquer un tournant dans les relations transatlantiques s’est transformé en retraite diplomatique avant même l’ouverture des discussions. L’Union européenne a renoncé à proposer formellement au Canada d’entamer des pourparlers sur un statut de « membre associé », une formule qui avait suscité autant d’intérêt que de réticences au sein des capitales européennes.
Un projet de déclaration commune, destiné à être publié à l’issue du sommet de Montréal, témoigne de ce recul. Le texte, dans sa version allégée, évoque désormais une « association toujours plus étroite du Canada à l’UE, en deçà d’une adhésion pleine et entière ». La formulation, volontairement floue, traduit l’impossibilité de dégager un consensus entre les Vingt-Sept sur la portée exacte d’un tel rapprochement.
Les désaccords entre États membres auraient éclaté au moment précis où le sommet s’apprêtait à débuter, fragilisant d’emblée la portée symbolique de la rencontre. Si l’idée d’une association renforcée avec Ottawa reste sur la table, elle se trouve désormais dépouillée de tout calendrier et de tout cadre de négociation concret.
Ce sommet UE-Canada intervient dans un contexte de repositionnement géopolitique occidental, où plusieurs pays cherchent à tisser des liens institutionnels inédits avec le bloc européen. Le recul de Bruxelles sur ce dossier illustre la difficulté persistante de l’Union à parler d’une seule voix lorsqu’il s’agit d’élargir, même de manière atypique, son périmètre d’influence.









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