Ce lundi soir sur BFMTV, Gérald Darmanin a reconnu de graves manquements dans l’affaire Lyhanna. Le ministre de la Justice a parlé d’un « dysfonctionnement total » et d’un « dysfonctionnement absolument terrifiant » dans le traitement du dossier.
« Dans le cas précis de Lyhanna, on n’a pas besoin de nouveaux moyens ou de nouvelles lois. Nous avons failli. On aurait dû collectivement ne pas traiter cette affaire comme n’importe quelle autre affaire », a affirmé Gérald Darmanin.
Selon lui, les autorités auraient dû agir plus tôt pour protéger les enfants exposés au principal suspect. « On aurait dû d’abord mettre en protection les enfants, vérifier que ce monsieur n’avait pas porté atteinte à ses propres enfants ou s’il était en contact avec d’autres enfants. »
70.000 plaintes à vérifier
Le ministre est revenu sur la consigne donnée de revoir 70.000 plaintes impliquant des enfants d’ici au 14 juillet. Il a précisé qu’il ne s’agissait pas de les clôturer « dans le mois qui vient », mais de vérifier, parmi ces dossiers, « combien sont traitées comme celles de l’affaire Lyhanna ».
Gérald Darmanin a expliqué vouloir identifier les situations comparables à celle dans laquelle un « dysfonctionnement absolument terrifiant » a été observé.
« Beaucoup de mal à dormir »
Le ministre de la Justice a aussi fait part de son trouble personnel face à l’affaire. Il a confié avoir « depuis plusieurs jours beaucoup de mal à dormir ». « J’ai aussi beaucoup de mal à regarder en face la façon dont ça s’est passé pour Lyhanna », a-t-il ajouté.
Le suspect encourt la perpétuité
Évoquant Jérôme Barella, principal suspect dans l’affaire Lyhanna, Gérald Darmanin a indiqué qu’« il encourt la perpétuité selon le Code pénal ». Le ministre a également tenu des propos très fermes sur les pédocriminels. « Je pense que les pédocriminels sont incurables personnellement. Pour ma part vouloir réinsérer des pédocriminels me paraît contraire à la vérité de ce qu’il se passe. Je pense que notre réponse pénale ne doit pas viser leur réinsertion future mais les priver de liberté le plus possible », a-t-il déclaré.
Darmanin écarte sa démission
Interrogé sur une éventuelle démission, Gérald Darmanin a répondu qu’il partirait seulement s’il estimait que cela pouvait améliorer le fonctionnement de la justice. « Si je pensais que j’étais responsable de la situation et que ça aiderait au fonctionnement de la justice, je le ferais », a-t-il déclaré. Le garde des Sceaux a expliqué vouloir rester en fonction pour porter la politique de protection de l’enfance. « Je me dis que quitter le bateau en pleine tempête, alors que j’essaie de mettre la politique de l’enfance en avant, je ne suis pas sûr que ça aiderait la cause. »