PRISTINA — L’Union européenne a entamé un processus d’assouplissement des sanctions imposées au Kosovo, a annoncé jeudi la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas. Cette décision, présentée comme un « signe d’engagement » de la part de Bruxelles, reste toutefois strictement conditionnée à une désescalade durable des tensions dans le nord du pays, majoritairement peuplé de Serbes.
Imposées en juin 2023, les mesures restrictives visaient à sanctionner le rôle de Pristina dans l’aggravation des tensions interethniques, notamment sous l’impulsion du Premier ministre nationaliste Albin Kurti, qui avait cherché à renforcer le contrôle de l’État dans les zones sensibles. Ces sanctions comprenaient notamment la réduction de financements européens d’au moins 150 millions d’euros.
« L’UE a commencé à lever progressivement les mesures introduites en juin 2023 », a déclaré Kaja Kallas à la presse depuis Pristina. « Cette décision ouvre la voie à de plus grandes opportunités de coopération, de développement et de rapprochement avec l’Europe. Mais elle est conditionnée à une désescalade durable au Nord. »
Kallas a également exprimé sa préoccupation quant à l’impasse politique persistante dans le pays, qui empêche la formation d’un nouveau gouvernement depuis les élections de février. Le Premier ministre Kurti a échoué à plusieurs reprises à faire élire un président du Parlement, une étape nécessaire avant de pouvoir envisager la formation d’un nouvel exécutif. Les parlementaires kosovars se réunissent désormais toutes les 48 heures dans l’espoir de débloquer la situation.
« Pour que le Kosovo profite pleinement du plan de croissance de 6 milliards d’euros de l’UE pour les Balkans occidentaux, il doit disposer d’institutions fonctionnelles capables de mettre en œuvre efficacement les réformes », a insisté Kallas.
La diplomate s’est rendue jeudi en Serbie, où elle a rappelé que le processus d’adhésion à l’Union européenne reste ouvert, à condition que Belgrade et Pristina normalisent leurs relations. Les deux pays ont conclu en 2013 un dialogue sous médiation européenne, mais les avancées concrètes restent rares.
L’assouplissement progressif des sanctions pourrait représenter une opportunité de stabilisation et d’intégration européenne, mais l’UE maintient la pression : le Kosovo doit faire preuve d’une volonté politique claire et d’un apaisement réel sur le terrain.