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Gaza : le ministre israélien de la Sécurité Ben Gvir appelle à tuer «30 ou 40» personnes chaque nuit, la France dénonce des propos «insupportables et inhumains»

Gaza : le ministre israélien de la Sécurité Ben Gvir appelle à tuer «30 ou 40» personnes chaque nuit, la France dénonce des propos «insupportables et inhumains»
Gaza : le ministre israélien de la Sécurité Ben Gvir appelle à tuer «30 ou 40» personnes chaque nuit, la France dénonce des propos «insupportables et inhumains»

Les déclarations sont d’une violence extrême et provoquent une condamnation internationale. Itamar Ben Gvir, ministre israélien de la Sécurité nationale, a appelé à tuer plusieurs dizaines de personnes chaque nuit dans la bande de Gaza. Il ne s’est pas limité à évoquer des combattants représentant une menace immédiate : il a également affirmé que certaines personnes ne devraient tout simplement « pas être en vie », allant jusqu’à leur dénier leur humanité. Des propos vivement condamnés par la France, l’Allemagne et l’ONU. Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot les qualifie d’« insupportables et inhumains », tandis que Berlin dénonce des appels « inhumains et contraires au droit international ».

«Éliminez-en 30 ou 40» : l’appel glaçant de Ben Gvir

Pour rappel, Itamar Ben Gvir a tenu ces propos lors d’un podcast avec Rom Braslavski, ancien otage israélien détenu à Gaza. Le ministre a défendu le principe d’opérations meurtrières menées quotidiennement dans l’enclave palestinienne. « Je pense que des éliminations ciblées devraient être menées chaque nuit à Gaza. Éliminez-en 30 ou 40 », a-t-il déclaré. Mais Ben Gvir est allé beaucoup plus loin que la défense d’opérations contre des personnes présentant une menace immédiate. « Pas seulement ceux qui vous mettent en danger en ce moment même. Ce sont des gens qui ne devraient pas être en vie », a poursuivi le ministre. Puis vient une phrase particulièrement brutale : « Je leur fais un compliment en les qualifiant d’êtres humains. »

Le discours ne laisse guère de place à l’ambiguïté : le ministre israélien évoque explicitement un nombre de personnes à tuer chaque nuit, étend son raisonnement au-delà des individus représentant une menace immédiate et utilise une rhétorique déshumanisante à l’égard de ceux qu’il vise.

Une rhétorique de déshumanisation assumée

La violence de ces déclarations tient précisément à cette généralisation. Ben Gvir ne se contente pas de réclamer davantage d’opérations militaires contre le Hamas ou des groupes armés. En affirmant que des personnes « ne devraient pas être en vie » puis qu’il leur ferait « un compliment » en les considérant comme des êtres humains, le ministre franchit une nouvelle étape dans une rhétorique déjà extrêmement radicale. Cette prise de position est d’autant plus lourde qu’elle émane non d’un militant marginal, mais d’un membre du gouvernement israélien chargé de la Sécurité nationale. Ben Gvir n’exerce toutefois pas d’autorité sur l’armée israélienne et ne peut donc pas ordonner lui-même les frappes qu’il réclame.

Le dirigeant a également défendu l’émigration massive des Palestiniens de Gaza et revendiqué la souveraineté israélienne sur l’ensemble du territoire. « Je considère que toute la bande de Gaza nous appartient », a-t-il affirmé.

Jean-Noël Barrot dénonce des propos « insupportables et inhumains »

La réaction française a été particulièrement ferme. Jean-Noël Barrot a directement condamné les déclarations du ministre israélien. Le ministre français des Affaires étrangères les juge « insupportables et inhumains ». Paris avait déjà pris des sanctions contre Ben Gvir, qui ne peut plus entrer sur le territoire français depuis le 23 mai. Jean-Noël Barrot a également dénoncé la situation en Cisjordanie occupée et les violences commises par des colons israéliens. « La situation reste catastrophique. Ce qu’il se passe aujourd’hui en Cisjordanie est proprement indigne et devrait tous nous révulser », a déclaré le chef de la diplomatie française. Et d’ajouter : « C’est la raison pour laquelle nous avons sanctionné le ministre Ben Gvir. »

L’Allemagne condamne des appels « inhumains »

La condamnation dépasse largement la France. Le gouvernement allemand a lui aussi réagi avec une très grande fermeté. Le chancelier Friedrich Merz a condamné les déclarations de Ben Gvir, son gouvernement dénonçant « avec la plus grande fermeté les appels inhumains et contraires au droit international lancés par le ministre Ben Gvir ». Berlin les considère comme « inacceptables ». Une condamnation particulièrement nette alors que les relations entre l’Allemagne et Israël occupent historiquement une place très particulière dans la diplomatie allemande.

L’ONU dénonce des propos « scandaleux, déshumanisants et dangereux »

Les Nations unies ont également condamné les déclarations du ministre israélien. Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres les a dénoncées « sans équivoque ». Son porte-parole Stéphane Dujarric a employé des termes particulièrement sévères : « Ces propos sont consternants. Ils sont scandaleux. Ils sont déshumanisants et dangereux. » Cette condamnation vise directement le cœur du discours de Ben Gvir : présenter une catégorie de personnes comme indignes de vivre et aller jusqu’à mettre en cause leur qualité d’êtres humains.

Ben Gvir persiste dans sa ligne ultraradicale sur Gaza

Ces nouvelles déclarations correspondent à la ligne politique défendue depuis longtemps par Itamar Ben Gvir. Le ministre milite pour une politique extrêmement dure envers les Palestiniens, réclame une reprise en main israélienne complète de Gaza et défend le départ massif de sa population palestinienne. Mais son appel à tuer « 30 ou 40 » personnes chaque nuit, sans limiter explicitement ces morts aux personnes représentant une menace immédiate, accompagné d’une formule leur déniant pratiquement toute humanité, provoque une indignation qui dépasse cette fois les désaccords habituels sur la conduite de la guerre. La France, l’Allemagne et l’ONU ont ainsi convergé dans leur condamnation : ce discours tenu par un ministre en exercice est jugé inhumain, déshumanisant et dangereux.

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