Rachida Dati va réintégrer la magistrature à sa demande, quelques jours avant son procès à Paris dans une affaire de corruption. L’ancienne garde des Sceaux, âgée de 60 ans, a sollicité son retour dans le corps judiciaire, une démarche qui doit encore recevoir l’avis du Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Elle devrait être affectée comme « premier substitut à l’administration centrale de la justice », selon des informations du Nouvel Obs confirmées par le ministère de la Justice.
La Chancellerie a précisé que la nomination interviendra dans le cadre de la procédure habituelle de transparence applicable aux magistrats. Le CSM devrait rendre son avis dans les prochaines semaines, après l’examen d’éventuels recours concernant le poste. Les magistrats du parquet sont nommés par le ministre de la Justice après avis du CSM, avis que le garde des Sceaux s’est engagé à suivre dans ce dossier.
Une réintégration à quelques jours d’un procès très attendu
Rachida Dati doit comparaître du 16 au 28 septembre devant le tribunal correctionnel de Paris pour des faits notamment qualifiés de corruption et de trafic d’influence passifs. La justice lui reproche d’avoir conclu un pacte de corruption présumé et d’avoir exercé illégalement une activité de lobbying au Parlement européen au profit de Renault et de son ancien patron Carlos Ghosn. Entre 2009 et 2013, elle avait perçu 900 000 euros dans le cadre d’une convention de rémunération forfaitaire d’avocats. Elle conteste les accusations et affirme avoir exercé une activité d’avocate parfaitement légale.
Cette décision suscite des interrogations dans le monde judiciaire. Ludovic Friat, président de l’Union syndicale des magistrats, a estimé auprès de l’AFP que cette réintégration envoyait un « message contradictoire », alors que l’institution judiciaire est régulièrement interpellée sur les questions de déontologie et de responsabilité des magistrats. Rachida Dati est par ailleurs concernée par plusieurs autres procédures, notamment sur de possibles liens d’intérêts avec l’Azerbaïdjan et le Qatar lorsqu’elle était eurodéputée, ainsi que par une enquête portant sur la déclaration de certains bijoux auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.

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