Alors que l’exécutif s’apprête à détailler les mesures de rigueur destinées à ramener le déficit public à 4,6 %, l’hypothèse d’un gel du barème de l’impôt sur le revenu et des prestations sociales prend de l’ampleur. Selon l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), ce scénario qualifié d’« année blanche » permettrait à l’État d’économiser plus de 6 milliards d’euros. Mais il pèserait fortement sur les retraités.
Jusqu’à 350 euros de perte annuelle pour les retraités
Une non-revalorisation des prestations et des tranches fiscales, censées suivre l’inflation, affecterait directement le pouvoir d’achat des ménages. En moyenne, les foyers retraités perdraient 350 euros par an, soit environ 1 % de leur niveau de vie. C’est le double de la perte estimée pour les autres catégories d’inactifs ou de travailleurs indépendants, et trois fois plus pour les salariés. L’essentiel de cette perte provient de l’impact sur les pensions : la revalorisation de 1,1 % prévue au 1er janvier 2026 représenterait à elle seule 3,7 milliards d’euros de dépenses, que le gouvernement pourrait donc choisir de geler. Le reste des économies envisagées découle du gel des prestations sociales (800 millions d’euros) et de celui des allocations chômage (400 millions).
Des options pour atténuer les effets sociaux
Face au tollé potentiel, l’exécutif pourrait opter pour une désindexation partielle, sur le modèle de 2014. À l’époque, les retraites de base supérieures à 1 205 euros par mois n’avaient pas été revalorisées, tandis que les pensions les plus modestes avaient bénéficié d’une prime exceptionnelle. Une autre piste consisterait à ne pas indexer les tranches supérieures de l’impôt sur le revenu, tout en préservant les plus basses. Si cette « année grise » permettrait d’épargner une partie des foyers les plus vulnérables, elle ne ferait pas disparaître les tensions politiques autour d’un budget marqué par l’austérité, et d’un effort d’économies sans précédent depuis une décennie.
