Au cœur du quartier Beauregard à Poissy, les habitants de la place Racine ont été réveillés en sursaut dans la nuit de dimanche à lundi. Vers trois heures du matin, une voiture aspergée d’essence a été lancée contre la façade de deux commerces avant de s’embraser. Le feu a ravagé une agence de voyages spécialisée dans les pèlerinages religieux et s’est propagé aux balcons supérieurs, touchant quatre appartements. Par miracle, aucune victime n’est à déplorer, mais trois résidents ont dû être relogés. Les pompiers, une vingtaine mobilisés sur place, ont réussi à maîtriser les flammes qui menaçaient de gagner l’immeuble tout entier. La mairie, par l’intermédiaire d’une adjointe présente dès la nuit, a coordonné l’accueil d’urgence des familles sinistrées.
Colère politique et habitants marqués
La maire, Sandrine Dos Santos, a dénoncé un acte criminel qu’elle refuse de considérer comme un banal fait divers. Selon elle, l’incendie a non seulement détruit des commerces mais bouleversé la vie d’un quartier entier, avec des conséquences dramatiques évitées de justesse. Le député Karl Olive, ancien maire de la ville, s’est également rendu sur place et a condamné une attaque d’une « rare violence », rappelant que Poissy « ne mérite pas cela ». Les riverains, eux, n’ont pas oublié un précédent presque identique : il y a tout juste un an, une voiture en feu avait déjà été retrouvée devant ces mêmes vitrines. Cette répétition interroge, d’autant que la police a ouvert une enquête pour déterminer les circonstances et retrouver les auteurs. Pour les habitants comme pour les commerçants, la nuit de dimanche laisse un goût amer : un sentiment de vulnérabilité face à une escalade de violences qui transforme un simple centre commercial de quartier en scène de cauchemar.