Encore un tir, encore un mort. Ce lundi 7 avril, en plein jour, un jeune homme de 19 ans a été exécuté de plusieurs balles à Vaulx-en-Velin, dans le quartier du Mas du Taureau. Il se trouvait sur un point de deal bien connu des services de police, tout près d’une école élémentaire. Le drame relance la colère des habitants et l’impuissance des autorités face à une guerre de territoire qui ne désarme pas.
Une scène d’exécution en pleine journée
Il était 13h30 quand les coups de feu ont éclaté, chemin des Barques. Le jeune homme, inconnu du quartier, aurait été pris pour cible alors qu’il occupait un point de revente de stupéfiants récemment démantelé, et déjà considéré comme l’un des plus importants de l’agglomération lyonnaise. Touché à la tête, il n’a pas survécu malgré l’intervention rapide des secours. Les enfants de l’école voisine ont été confinés pendant plus d’une heure, tandis qu’une cellule psychologique a été activée pour les élèves et le personnel. Le choc est immense. Pas seulement à cause de la violence de l’attaque, mais parce qu’ici, personne n’est vraiment surpris. « Malheureusement, ce n’est pas le premier », glisse un habitant, las.
L’enquête, ouverte pour assassinat et port d’arme illégal, a été confiée à la Direction centrale de la sécurité publique. Si l’identité exacte de la victime reste à préciser, les premiers éléments pointent vers un « charbonneur », autrement dit un vendeur sur un point de deal, probablement éliminé dans une guerre de contrôle. La maire Hélène Geoffroy et le préfet se sont rendus sur place. Des renforts policiers sont annoncés. Mais le constat est accablant. « On mène une guerre sans armée », déplore Alain Barberis, secrétaire départemental du syndicat Alliance Police Rhône-Alpes. Les démantèlements, même médiatisés, ne freinent pas la machine. Elle se recompose, se redéploie, s’endurcit. À Vaulx-en-Velin, le narcotrafic n’a plus besoin de se cacher. Il tire à visage découvert.