Rodéos, musique à fond, cris, protoxyde d’azote, alcool… Depuis que le parc de la Poudrerie, à Vaujours (Seine-Saint-Denis), reste ouvert toute la nuit, le quotidien des habitants du quartier des Sablons est devenu un enfer. L’arrêt de la fermeture nocturne en 2023 devait élargir l’accès à ce poumon vert, mais pour de nombreux riverains, elle rime désormais avec insomnies, stress et sentiment d’abandon. « On se croirait dans une boîte de nuit », déplore Brahima Cissoko. Ce père de famille, vidéos à l’appui, documente depuis des mois les nuisances subies entre 20 heures et 5 heures du matin. Il a lancé une pétition, signée près de 400 fois, pour exiger le retour à la fermeture nocturne. En vain. Le conseil départemental, gestionnaire du site, assure n’avoir relevé aucune anomalie : ni dépôts sauvages, ni hausse d’appels, ni faits délictueux constatés par les forces de l’ordre. Le bilan serait, selon lui, « très positif ».
Deux mondes, deux réalités
Mais sur le terrain, les témoignages se multiplient. Emily Nicodex, compagne de Brahima, raconte ses soirées à surveiller ses enfants, inquiète d’un parking bruyant qui donne directement sur leur jardin. Mustapha Amara, retraité installé depuis trente ans dans le quartier, parle d’un « cauchemar sonore » récurrent. Même les plus jeunes s’en plaignent : Mathura, 7 ans, dit que le bruit l’empêche de dormir et lui donne « mal à la tête ». Pour les habitants, la solution semble évidente : fermer le parc la nuit, comme avant. Les maires de Vaujours et Livry-Gargan soutiennent cette demande, mais jusqu’ici, le département reste inflexible. « Leur réalité n’est pas la nôtre », tranche Brahima, qui rencontre ce mercredi le médiateur départemental, sans grand espoir. Les riverains, eux, disent simplement vouloir retrouver un droit fondamental : celui de dormir.