Un cycliste percute l’arrière d’une BMW à Paris. Deux heures plus tard, il est roué de coups, forcé à retirer de l’argent et abandonné sur un trottoir. Ce jeudi 12 juin, cinq jeunes comparaissaient devant le tribunal de Paris pour séquestration, violences aggravées et vol en réunion. Le 23 mars à l’aube, l’homme, alcoolisé, descend l’avenue Gambetta à vélo lorsqu’il percute une voiture à l’arrêt. Deux des occupants sortent : un frère et une sœur, visiblement plus préoccupés par la carrosserie que par l’état du cycliste. Ils réclament sur-le-champ 300 euros. Face au refus de négocier sans la police, la tension monte. L’homme tente de fuir, est rattrapé, frappé, puis emmené de force par un troisième individu, appelé en renfort.
Une vengeance improvisée, une spirale incontrôlable
En route vers un distributeur, les coups continuent. Une fois sur place, la victime est contrainte de remettre sa carte bleue et son code. D’autres retraits sont effectués, des virements tentés. Une seconde voiture rejoint le groupe. Un total de cinq personnes est désormais impliqué. Deux heures plus tard, le cycliste est laissé seul, blessé, avec 45 jours d’incapacité totale de travail. C’est lui qui alerte les autorités, vidéo de plaque à l’appui. Les cinq agresseurs, pris de panique, appellent également le 17 pour se dénoncer. À l’audience, tous reconnaissent les faits. Certains expriment des regrets, évoquent la peur, la panique, l’attachement à la voiture familiale. Le procureur, lui, pointe une absence totale de recul collectif et demande des peines de prison allant jusqu’à 18 mois ferme. Le verdict sera rendu le 23 juin. Une nuit de violence, née d’un accident mineur, pourrait coûter cher à ces jeunes sans passé judiciaire, emportés par ce que l’un d’eux appellera lui-même un « engrenage de lâcheté ».