« Mon fils est fou. » Ce sont les mots crus et désespérés d’un père, prononcés une semaine après l’assassinat d’Aboubakar Cissé, poignardé à 57 reprises dans une mosquée de La Grand-Combe (Gard). Olivier Hadzovic, 21 ans, est l’auteur présumé de ce crime d’une violence rare, commis avec une haine religieuse affichée. Son père, brisé, s’est exprimé sur BFMTV pour la première fois, présentant des excuses à la famille du jeune Malien assassiné : « Ce qu’il a fait, ce n’est pas normal. Je m’excuse pour la famille. » La vidéo tournée par le suspect lui-même après le meurtre ne laisse aucune place au doute : injures contre la foi musulmane, revendication explicite du geste. Le parquet de Nîmes a ouvert une information judiciaire pour meurtre avec préméditation et à raison de la religion. La famille Cissé, elle, demande la requalification en acte de terrorisme.
Climat de peur et de tension autour des proches du tueur
Pendant ce temps, la famille d’Olivier Hadzovic vit un cauchemar parallèle. Menacée de représailles, contrainte de quitter La Grand-Combe, elle appelle au calme. « Nous ne sommes pour rien dans ce que notre fils a fait », répète le père, qui insiste sur l’isolement psychologique de son fils et l’impossibilité d’anticiper un tel passage à l’acte. Une défense fragile, mais qui tente de désamorcer la spirale de vengeance. Ce vendredi, une prière mortuaire est organisée à la mosquée où le drame s’est produit. Aboubakar Cissé, 22 ans, était venu comme chaque semaine pour nettoyer le lieu de culte avant la prière. Il y a trouvé la mort, seul, égorgé au petit matin. Une scène que personne n’oubliera dans cette petite commune gardoise désormais marquée au fer rouge.