C’est une agression sordide qui révèle à quel point la misère peut susciter des convoitises violentes. Quatre ressortissants roumains, âgés de 22 à 32 ans, viennent d’être mis en examen à Bobigny et écroués pour tentative d’homicide et vol en bande organisée. Leur victime : Philippe, un homme de 54 ans souffrant du syndrome de Diogène, tabassé sans pitié dans sa maison de Saint-Denis le 13 mars dernier, pour quelques trottinettes et divers objets accumulés au fil du temps. L’affaire démarre ce jour-là, rue de la Saussaie. La sœur de Philippe découvre son frère prostré au bas des escaliers de son pavillon, couvert d’ecchymoses et incapable de se relever. À l’arrivée des secours, l’homme est dans un état critique : multiples fractures, enfoncement crânien, perte sévère de ses capacités cognitives et physiques. Hospitalisé d’urgence, il échappe de peu à la mort.
Une bande déterminée à tout pour quelques objets volés
Les premiers éléments recueillis par la police judiciaire révèlent que Philippe avait déjà subi une intrusion la veille. Cette nuit-là, deux individus s’étaient introduits dans sa demeure avant de prendre la fuite, chargés de biens volés. Une pince-monseigneur oubliée sur place par les cambrioleurs est retrouvée par les proches de la victime. Plus accablant encore : le téléphone portable volé à Philippe s’éteint mystérieusement à Pierrefitte-sur-Seine, où se trouvent des camps de fortune. Quelques jours après l’agression, alertés par une nouvelle tentative d’intrusion chez Philippe, les policiers organisent une surveillance discrète du pavillon. Le 1er avril, Florian et Rudi, deux membres de la bande, tombent dans le piège en sortant des lieux, les bras chargés de nouvelles prises. Interpellés, ils sont pourtant relâchés dans un premier temps, mais les enquêteurs, loin de lâcher l’affaire, poursuivent leurs recherches, notamment grâce aux données téléphoniques.
Pris au piège par leurs propres aveux
La traque se conclut définitivement le 3 avril, lorsque les policiers interpellent quatre suspects dans des camps situés à Pierrefitte-sur-Seine. Les perquisitions effectuées sur place permettent de retrouver plusieurs téléphones volés au domicile de Philippe. Placés en garde à vue, les quatre hommes passent rapidement aux aveux, admettant avoir repéré lors d’une maraude ce qu’ils considéraient comme « un véritable trésor » accumulé par la victime. Face à la résistance inattendue de Philippe lors du cambriolage, les agresseurs n’avaient pas hésité à frapper à coups de chaises et de barres de fer, avant de l’abandonner pour mort. « Certains accusent les autres pour se dédouaner, mais la violence est avérée », confirme une source proche de l’affaire. Désormais écroués en attendant leur procès, les quatre mis en examen devront répondre d’un acte d’une rare cruauté, perpétré contre un homme vulnérable, victime de ses propres fragilités.