Les faits sont d’une rare violence et soulignent l’explosion du phénomène de pornodivulgation chez les adolescents. À 15 ans, une collégienne du Bourget (Seine-Saint-Denis) a été délibérément brûlée au fer à repasser par sa propre mère, après que celle-ci a découvert la diffusion d’une vidéo à caractère sexuel de sa fille, tournée à son insu. L’affaire débute par une rivalité sentimentale entre trois adolescentes scolarisées au collège Didier-Daurat. Toutes les trois âgées de 15 ans, elles se disputent l’attention du même garçon. L’une d’elles, aidée d’une autre camarade, aurait organisé un piège, fin mars, en conviant la victime dans une cave avec le jeune homme. Pendant que la scène intime se déroulait, l’une filmait, l’autre diffusait la vidéo sur les réseaux sociaux. La jeune fille, victime d’un acte de revenge porn, s’ignore alors encore au cœur d’un engrenage destructeur. La vidéo circule dans l’établissement et parvient jusqu’à la mère de la victime. En découvrant les images, la réaction de la mère bascule dans l’extrême. Au lieu de protéger sa fille, elle décide de la punir physiquement.
Que commence à révéler l’enquête ?
Selon les premiers éléments de l’enquête, elle lui aurait infligé des brûlures au fer à repasser, un acte de violence qui a conduit à sa mise en détention provisoire. Le parquet a ouvert une information judiciaire pour violences aggravées sur mineur par ascendant. L’adolescente, elle, est aujourd’hui suivie par les services sociaux. Cette affaire met en lumière la double peine subie par certaines jeunes victimes de pornodivulgation : d’abord humiliées en ligne, elles peuvent ensuite se retrouver confrontées à la violence intrafamiliale, dans un contexte où le soutien et l’accompagnement devraient primer. Les services de l’Éducation nationale, les associations de protection de l’enfance et les forces de l’ordre sont mobilisés pour prévenir et encadrer ce type de dérives, qui se multiplient dans les établissements scolaires. Mais cette affaire dramatique rappelle aussi que le traitement social et judiciaire du revenge porn chez les mineurs reste encore largement à structurer.