Dans un tournant assumé de la politique pénale locale, le procureur de Bayonne, Jérôme Bourrier, a annoncé que les consommateurs de drogues pourront se voir confisquer leur téléphone portable s’il est prouvé qu’il a servi à organiser une transaction. Cette « sanction immédiate », lancée en avril, vise d’abord les profils difficiles à sanctionner par amende forfaitaire – mineurs, étrangers en situation irrégulière, récidivistes. L’objectif affiché est clair : affaiblir toute la chaîne du trafic en s’attaquant directement aux usagers.
Un outil à la fois répressif et informatif
L’utilisation croissante de messageries cryptées comme Telegram dans les échanges entre dealers et clients a incité le parquet à réagir. Selon Jérôme Bourrier, la saisie du téléphone ne sert pas uniquement à punir mais aussi à récolter des informations sur les réseaux de distribution. Ce dispositif vient en complément de l’amende forfaitaire de 200 euros, en place depuis quatre ans mais dont le taux de recouvrement plafonne à 30 %. L’administration souhaite donc frapper plus fort sur le plan symbolique et opérationnel.
Depuis le début de l’année, plus de deux tonnes de cannabis et 130 kilos de cocaïne ont été interceptés dans les Pyrénées-Atlantiques, principalement à la frontière franco-espagnole. Une guerre contre les trafics qui passe désormais aussi par une pression renforcée sur les consommateurs eux-mêmes.