À 16 h, la police boucle encore le supermarché ; l’agresseur a fondu dans la circulation, casquette beige enfoncée jusqu’aux yeux. Une heure plus tôt, tout s’est joué entre deux étals. Gilbert, 85 ans, revient d’un rayon qu’il avait oublié, son chariot toujours sagement garé dans la file. À sa place : un trentenaire pressé, survêtement clair, baskets noires. Trois mots échangés, la tension claque. L’inconnu écarte Gilbert d’un geste brutal ; l’octogénaire heurte le carrelage, tempes contre le sol, ne se relève pas. Transporté sous escorte au service d’urgence, il succombe avant la fin du scanner.
Un choc banal qui vire au drame
Les témoins décrivent un vieil homme encore alerte, venu seul faire ses courses du samedi, comme chaque semaine depuis cinquante ans qu’il habite Berchem-Sainte-Agathe. Jardinier infatigable, cycliste de quartier, pilier discret d’un ménage où il veille sur une épouse dépendante ; la bagatelle d’un paquet manquant l’a mis face à un inconnu prêt à cogner pour gagner deux minutes en caisse. La police diffuse désormais un avis de recherche : casquette beige à motifs, training clair, corpulence moyenne. Pendant que les caméras du magasin retracent la fuite vers la sortie, les voisins s’organisent déjà pour épauler la veuve : « Gilbert était sa béquille, sa seconde respiration ». Reste un meurtrier au motif dérisoire et un supermarché où l’on évite, depuis samedi, de quitter la file des yeux.