Les sirènes n’ont percé le silence campagnard qu’à 9 h 40 samedi dernier, mais la tragédie s’était déjà jouée. À l’arrière d’un ancien corps de ferme divisé en logements, la seconde bâtisse flambait du sol au grenier. Le premier fourgon débarque : la cage d’escalier s’est effondrée, la chaleur tord les volets métalliques, trois enfants gisent à l’étage. Quand les pompiers les extraient—cardio respiratoire déjà arrêté—la route vers le CHU de Strasbourg devient une course perdue : la cadette de dix ans et son aînée de douze ans rendent leur dernier souffle avant même de voir l’hôpital.
Une intervention entravée par l’effondrement
Dans la cour, cinquante soldats du feu s’affairent, épaulés par l’hélicoptère Dragon 67 ; le bâtis s’écroule par pans, chaque retour de flamme repousse les sauveteurs. La mère, encore en état de choc, répète qu’elle a déjà sorti la petite de trois ans puis tenté de remonter. Son troisième enfant, six ans, vient d’être héliporté ; pronostic vital engagé. Le voisinage se masse derrière les rubans, les gendarmes recueillent des témoignages pendant qu’un drone survole les poutres calcinées à la recherche d’un point d’origine.
Questions sur l’origine du feu
Aucun accélérant détecté au premier coup d’œil. Les enquêteurs privilégient la thèse accidentelle : certains parlent d’un poêle récalcitrant, d’autres d’une cheminée mal ramonée. Un expert en incendies, mandaté par le parquet, devra confirmer ou non cette hypothèse. La brigade de Brumath, épaulée par les recherches de Haguenau, passe la matinée à quadriller les débris tandis qu’une cellule psychologique s’ouvre dans la salle communale voisine. Au village, les cloches carillonnent comme un rappel cruel : trois fillettes jouaient ici hier encore, deux ne rentreront plus.