Le président américain Donald Trump a annoncé samedi la création d’une unité dédiée à l’intelligence artificielle au sein de l’administration fédérale, ainsi que la nomination d’un responsable chargé de coordonner la politique américaine dans ce domaine, rejetant au passage les appels à réguler davantage cette technologie.
C’est via les réseaux sociaux que Donald Trump a choisi de dévoiler ses intentions : les États-Unis se doteront d’une « Force IA » et d’un tsar de l’intelligence artificielle, sans que le président ne précise ni calendrier ni modalités concrètes de mise en œuvre. Le message est néanmoins clair : Washington entend rester en tête de la course mondiale à cette technologie, loin devant Pékin.
« L’IA est la prochaine révolution industrielle, ou l’équivalent d’Internet, mais elle sera encore plus grande et plus impactante, représentant peut-être jusqu’à 25 % du PIB de notre pays », a écrit Trump, affirmant que son administration ne cherchera « en aucune façon à entraver ou étouffer la croissance » du secteur. Il a également qualifié de « canular » les mises en garde sur les dangers potentiels de cette technologie.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de vives inquiétudes exprimées par des chercheurs et des dirigeants du secteur eux-mêmes. Dario Amodei, à la tête d’Anthropic, a récemment plaidé pour un ralentissement concerté du développement de l’IA et pour la mise en place d’une surveillance indépendante des modèles. Sam Altman, directeur général d’OpenAI, et Elon Musk, patron de xAI, ont tous deux dit partager ces recommandations. Jack Clark, cofondateur d’Anthropic, a quant à lui évoqué la nécessité d’un « bouton d’arrêt d’urgence » contrôlable par un tiers indépendant, qui pourrait devenir obligatoire pour l’ensemble de l’industrie.
Des chercheurs, actuels et anciens, ont par ailleurs avancé des estimations alarmantes sur les risques existentiels liés à l’IA, l’un d’eux estimant à plus de 10 % la probabilité que cette technologie finisse par « tuer tous les humains ». Ces avertissements ont conduit plusieurs parlementaires américains à proposer des textes législatifs, mais Altman a lui-même reconnu cette semaine que Washington peinait à suivre le rythme des évolutions technologiques, appelant à faire davantage confiance aux entreprises du secteur pour en garantir la sécurité.
Trump a précisé que son administration s’appuierait sur le système judiciaire existant, pénal et civil, pour poursuivre les acteurs malveillants qui utiliseraient l’IA à des fins illicites. Il n’a en revanche proposé aucune nouvelle réglementation spécifique.
La question de l’intelligence artificielle s’impose désormais comme un enjeu central de la rivalité sino-américaine. Elle devrait figurer à l’agenda de la rencontre prévue la semaine prochaine entre Trump et le président chinois Xi Jinping. De l’autre côté de l’Atlantique, le Parlement britannique a lui aussi pris la mesure du défi : une commission parlementaire mixte sur les droits de l’homme vient de publier un rapport appelant à l’adoption d’une loi spécifique sur l’IA, estimant que le cadre juridique actuel est inadapté à la rapidité des transformations en cours.

Communauté
Commentaires
Écrire un commentaire
Soyez le premier à commenter cet article.