Le lanceur européen Vega-C a décollé dans la nuit de lundi à mardi depuis le Centre spatial guyanais de Kourou, avec à son bord deux satellites destinés à l’observation de la Terre. Sentinel-3C, intégré au programme européen Copernicus, et FLEX, mission scientifique de l’Agence spatiale européenne, ont été placés sur une orbite héliosynchrone à environ 820 kilomètres d’altitude.
D’une masse d’environ 1 140 kg au lancement, Sentinel-3C doit assurer la continuité des observations consacrées aux océans, aux terres, aux glaces et à l’atmosphère. Après une phase de calibration menée avec Sentinel-3B, le satellite prendra progressivement le relais de Sentinel-3A afin de maintenir les données fournies par le programme Copernicus. La mission complète, du décollage à la séparation du dernier satellite, aura duré près de deux heures.
FLEX pour mesurer l’activité des végétaux depuis l’espace
La mission embarque également FLEX, pour Fluorescence Explorer. Le satellite doit mesurer depuis l’espace la faible fluorescence émise par les végétaux au cours de la photosynthèse. Ces données permettront aux scientifiques d’évaluer plus précisément l’activité, la productivité et l’état des plantes ainsi que leur réaction aux évolutions de leur environnement.
Ces observations présentent également un intérêt pour l’étude du climat. La photosynthèse intervient directement dans les échanges de carbone et d’eau entre les écosystèmes et l’atmosphère. Les données de FLEX doivent ainsi améliorer la connaissance du fonctionnement de la végétation à l’échelle mondiale. Associées à celles de Sentinel-3C, elles offriront une vision complémentaire de l’état des écosystèmes terrestres.
Avio poursuit sa montée en puissance
Ce lancement constitue aussi une étape importante pour Avio, désormais chargé des opérations de Vega-C depuis le Centre spatial guyanais. Il s’agit du deuxième lancement réalisé par l’industriel italien en tant qu’opérateur depuis Kourou, après la reprise progressive de la commercialisation et des opérations du lanceur.
Le succès intervient alors que Vega-C cherche à s’inscrire dans une nouvelle phase après les difficultés rencontrées ces dernières années. Plus petit qu’Ariane 6, le lanceur est notamment destiné aux satellites institutionnels, scientifiques et d’observation placés sur des orbites basses ou polaires. Pour l’Europe spatiale, l’enjeu est désormais d’accroître la régularité des missions et d’atteindre progressivement une cadence pouvant aller jusqu’à quatre lancements par an.

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