De nouvelles attaques des rebelles houthis ont tué au moins huit soldats et deux civils vendredi dans la province pétrolière de Marib, au lendemain d’une offensive qui avait déjà coûté la vie à 58 militaires. La trêve de 2022, rompue le mois dernier, semble définitivement enterrée.
Les rebelles houthis ont frappé à nouveau vendredi 7 août dans la province de Marib, au centre du Yémen. Selon une source militaire ayant requis l’anonymat, plus de dix missiles et sept drones suicides ont visé des camps militaires dans un secteur au sud de la province, faisant huit soldats tués et douze blessés. Deux civils ont par ailleurs péri dans une attaque distincte, selon le ministre de la Santé.
La veille, les mêmes rebelles avaient mené leurs frappes les plus meurtrières depuis la trêve de 2022 : au moins 58 soldats avaient été tués par des tirs de missiles et de drones, notamment à Marib et dans la région d’Hadramout, près de la frontière saoudienne. Les Houthis ont revendiqué l’ensemble de ces attaques, affirmant agir en représailles au renforcement des troupes yéménites soutenues par Riyad.
Marib concentre des enjeux à la fois militaires et économiques. La province est partagée entre zones contrôlées par les rebelles et territoires gouvernementaux, parmi lesquels figurent la ville éponyme et des champs pétroliers. Le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, a accusé vendredi « l’ennemi saoudien » de continuer à « mobiliser ses forces et à pousser à l’escalade ».
La coalition militaire dirigée par Riyad, qui était intervenue en 2015 pour soutenir le gouvernement yéménite, a répondu avec fermeté. Une source proche de l’armée saoudienne a prévenu que la coalition ne resterait pas « les bras croisés », qualifiant Marib de « ligne rouge ». Sans « chercher l’escalade », elle a affirmé ne pas permettre que « l’équilibre actuel des forces sur le terrain soit modifié ».
Les Houthis avaient également frappé l’Arabie saoudite jeudi soir, faisant onze blessés selon la coalition. Cette semaine, ils ont aussi attaqué des pétroliers en mer Rouge et dans le golfe d’Aden, dans le cadre du blocus annoncé en juillet contre la flotte saoudienne.
Cette flambée de violences survient après l’effondrement de la trêve conclue en 2022, qui avait tenu jusqu’au mois dernier. La reprise du conflit, dont les origines remontent à 2014, s’inscrit dans un contexte régional tendu depuis la guerre entre les États-Unis et l’Iran. Le Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique, avait déjà payé un tribut considérable lors des années précédentes : des centaines de milliers de morts et une grave crise humanitaire.
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