Le choix d’Aurélien Taché de publier son prochain livre chez Fayard provoque un sérieux malaise au sein de La France insoumise. Interrogée ce mardi matin sur franceinfo, Mathilde Panot a publiquement pris ses distances avec la décision du député LFI du Val-d’Oise et estime qu’à l’avenir, aucun parlementaire insoumis ne devrait publier dans une maison d’édition appartenant à Vincent Bolloré.
« C’est son choix et ce n’est pas le nôtre »
Aurélien Taché doit publier le 14 octobre prochain « Le Français, une langue africaine » chez Fayard, maison appartenant à Hachette Livre, contrôlé par le groupe de Vincent Bolloré. L’essai paraîtra dans la collection « Pensée Libre », dirigée par Sonia Mabrouk, où figurent également des auteurs comme Henri Guaino, Philippe de Villiers, Amine El Khatmi ou Éric Naulleau.
Interrogée sur ce choix, la présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale n’a pas caché son désaccord. « C’est son choix et ce n’est pas le nôtre. Il nous en a informés », a répondu Mathilde Panot, avant de réaffirmer son soutien « aux maisons d’édition indépendantes » ainsi qu’aux écrivains et artistes qui, selon elle, « luttent contre la mainmise de Bolloré sur la liberté de création ».
Panot pose une règle pour les députés LFI
La contradiction est d’autant plus embarrassante pour LFI que Jean-Luc Mélenchon s’en prend régulièrement à Vincent Bolloré et a promis, en cas d’arrivée au pouvoir, de démanteler son groupe. Relancée sur ce paradoxe, Mathilde Panot est allée plus loin : « Je pense qu’à l’avenir aucun député insoumis ne devrait publier dans des maisons d’édition détenues par Bolloré. »
Aurélien Taché assume pourtant sa décision au nom de la diffusion de ses idées. « On a besoin de visibilité. Si on peut utiliser les moyens des médias Bolloré pour diffuser nos idées sur la décolonisation de la langue française, on prend », explique-t-il. Le député reconnaît lui-même avoir « pesé le pour et le contre » et ne pas être « fan de Fayard ».
Le malaise pourrait se prolonger au moment de la promotion de l’ouvrage. Sonia Mabrouk a notamment évoqué la possibilité d’organiser un débat entre Aurélien Taché et Éric Zemmour. Une exposition médiatique recherchée par le député, mais qui risque de nourrir encore davantage les critiques au sein d’un mouvement qui a fait de la lutte contre la concentration des médias et contre l’influence de Vincent Bolloré l’un de ses principaux combats.

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