Invité samedi soir sur BFMTV, Pierre Moscovici a laissé entendre qu’en cas de second tour opposant Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen, il resterait fidèle à son refus de voter pour l’extrême droite. Une position d’autant plus notable que l’ancien ministre socialiste, désormais membre de la Cour des comptes européenne, a rappelé quelques instants auparavant ses profonds désaccords avec le leader insoumis et l’a accusé d’avoir tenu à son encontre des propos « de nature antisémite ».
Pierre Moscovici connaît Jean-Luc Mélenchon depuis plusieurs décennies. Les deux hommes ont notamment été membres du gouvernement de Lionel Jospin au début des années 2000. Mais leurs sensibilités politiques sont très éloignées. « Ce n’est pas tout à fait ma tasse de thé, on ne peut pas dire que nous ayons exactement la même sensibilité », a rappelé Pierre Moscovici.
Il a surtout formulé une accusation particulièrement lourde à l’encontre du leader de La France insoumise. Pierre Moscovici affirme avoir été « le premier contre qui il a tenu des propos de nature antisémite », en référence à des déclarations de Jean-Luc Mélenchon lorsqu’il était commissaire européen, autour de la « finance internationale ». « C’était très connoté », a estimé l’ancien ministre.
« Je n’ai jamais pensé qu’il fallait donner une voix à l’extrême droite »
Interrogé ensuite sur l’hypothèse d’un second tour Mélenchon-Le Pen en 2027, Pierre Moscovici s’est dit frappé par les intentions de vote d’une grande partie de l’ancien électorat macroniste en faveur de Marine Le Pen dans une telle configuration. Selon le sondage qu’il évoque, 85 % des électeurs d’Emmanuel Macron de 2022 choisiraient la candidate du RN. « On a un peu oublié quand même que l’extrême droite était un danger », a-t-il déploré.
Lorsqu’on lui demande directement s’il voterait malgré tout pour Jean-Luc Mélenchon face à Marine Le Pen, Pierre Moscovici refuse d’abord de se projeter dans ce scénario : « Je ne souhaite pas que ce soit ce deuxième tour-là. Vraiment, je ne crois pas que ce sera ce deuxième tour-là. »
Mais il finit par rappeler une règle à laquelle il affirme n’avoir jamais dérogé : « J’ai toujours voté de la même façon. Je n’ai jamais pensé qu’il fallait donner une voix à l’extrême droite. » Une réponse qui revient donc, dans l’hypothèse d’un duel entre les deux candidats, à privilégier Jean-Luc Mélenchon plutôt que Marine Le Pen, malgré les très lourds reproches qu’il adresse au leader insoumis.
Pierre Moscovici n’est par ailleurs plus à la tête de la Cour des comptes française depuis le début de l’année. Il a quitté ses fonctions au 1er janvier 2026 et siège désormais à la Cour des comptes européenne. Amélie de Montchalin lui a succédé à la tête de l’institution française en février.

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