L’ancienne compagne de Jordan Bardella affirme n’avoir jamais entendu de propos antisémites de sa part. Selon les informations d’Entrevue, sa mère avait fait campagne aux côtés du président du RN lors des départementales de 2015. Un entourage familial dont les liens avec le dirigeant remontent à ses premières années d’engagement.
Kelly Betesh a choisi de défendre publiquement son ancien compagnon. Dans un message publié sur X le 29 septembre, elle affirme : « Il n’y a rien d’antisémite chez Jordan. » Elle explique avoir partagé sa vie pendant deux ans, durant la période concernée par les accusations, et assure n’avoir jamais entendu de propos antisémites ni constaté de convictions allant dans ce sens. Elle souligne également qu’elle n’aurait pas pu poursuivre cette relation si tel avait été le cas. Son intervention apporte ainsi au président du Rassemblement national le témoignage favorable d’une personne qui l’a connu dans l’intimité.
Les liens de sa famille avec Jordan Bardella comportent également une dimension politique. Selon les informations d’Entrevue, sa mère, Chrys Betesh, s’est présentée sous le nom de Christine Prus aux côtés du jeune responsable frontiste lors des élections départementales de mars 2015. La candidature de ce binôme FN dans le canton de Tremblay-en-France, en Seine-Saint-Denis, figure dans les archives du ministère de l’Intérieur. Arrivés en tête au premier tour avec 30,33 % des suffrages exprimés, les deux candidats avaient finalement été battus au second, obtenant 41,04 % face à Dominique Dellac et Pierre Laporte.
Ce parcours commun situe le témoignage de Kelly Betesh dans l’histoire des relations entre son entourage familial et le président du RN. Sa prise de parole est celle d’une ancienne compagne dont la mère avait également partagé une campagne électorale avec Jordan Bardella. Dans son message, Kelly Betesh fonde toutefois sa défense sur sa propre expérience et sur les moments passés auprès de lui, dans leur vie privée comme dans leurs activités militantes.
Cette intervention survient dans une séquence délicate pour le RN. Le 28 septembre, Mediapart a attribué à Jordan Bardella des conversations privées contenant des propos antisémites et complotistes, remontant à ses premières années d’engagement. Le journal affirme avoir authentifié les échanges. Bardella conteste catégoriquement leur authenticité et a annoncé avoir porté plainte pour diffamation. Le 30 septembre, le journaliste Fabrice Arfi a indiqué que Mediapart publierait des éléments supplémentaires pour étayer ses conclusions, en tenant compte de la protection de ses sources.
L’affaire rappelle un précédent distinct : en janvier 2024, « Complément d’enquête » avait attribué à Bardella le compte Twitter pseudonyme « RepNatduGaito », actif entre 2015 et 2017. L’émission s’appuyait notamment sur trois témoignages et des indices matériels. Le compte diffusait des messages racistes, des insultes et des publications favorables à Jean-Marie Le Pen. Bardella avait nié en être l’auteur. Le Monde relevait notamment des interactions avec Kelly Betesh parmi les éléments examinés. Aucun élément consulté ne permet cependant d’établir que les conversations révélées par Mediapart proviennent de ce même compte.

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