Patrick Martin, président du Medef, a plaidé pour la création d’arrêts maladie dits « d’ordre public », qui ne seraient pris en charge ni par l’Assurance maladie ni par les complémentaires santé, afin de produire un « effet comportemental » sur les salariés.
Face à la demande du gouvernement de dégager 600 millions d’euros d’économies sur les arrêts de travail, Patrick Martin, à la tête du Mouvement des entreprises de France (Medef), a défendu une mesure radicale : instaurer des arrêts maladie « d’ordre public », c’est-à-dire des jours de carence qui ne seraient remboursés « ni par le régime de base, ni par les complémentaires santé ». L’objectif affiché est de modifier les comportements de salariés qui, selon lui, seraient tentés de recourir à des arrêts non pleinement justifiés dès lors que ceux-ci ne leur coûtent rien.
Le président du Medef reconnaît que le nombre d’arrêts maladie de courte durée augmente « d’une manière parfois suspecte », au-delà de ce que justifierait la simple croissance de la masse salariale. Il prend soin toutefois de ne pas généraliser, précisant que sa proposition s’entendrait « dans certaines limites » et que les tensions observées dans les entreprises ne concernent qu’une partie des salariés.
Un débat sur le financement des économies demandées
Patrick Martin s’est montré plus réservé sur la méthode envisagée par l’exécutif, qui consisterait à transférer la charge des arrêts maladie vers les entreprises et les complémentaires santé plutôt que de la faire peser sur l’Assurance maladie de base. « Si c’est pour faire supporter aux entreprises et aux salariés, à travers les complémentaires santé, ce que l’assurance maladie de base ne prendrait plus en charge, ça ne va pas », a-t-il tranché. Sa proposition de jours de carence non remboursés par aucun acteur vise précisément à éviter ce transfert de charge.
Sur la question du chômage des jeunes, abordée en marge de l’interview, le président du Medef a également pointé un taux d’emploi des moins de 25 ans de 35 % en France, contre 51 % en Allemagne et 75 % aux Pays-Bas, appelant à un rapprochement plus étroit entre les entreprises et le système éducatif pour y remédier.

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