Le constructeur allemand a développé des prototypes de cellules de batterie dont les matériaux actifs proviennent intégralement d’anciens accumulateurs usagés. Une démarche qui vise autant à réduire l’empreinte environnementale qu’à desserrer la dépendance européenne aux fournisseurs asiatiques.
Recycler des batteries de voitures électriques pour en fabriquer de nouvelles, destinées cette fois à alimenter des modèles récents : c’est le principe que Porsche dit avoir concrétisé sous forme de prototype. Le constructeur de Stuttgart annonce avoir mis au point des cellules inédites dont les matériaux actifs de la cathode sont issus à cent pour cent de packs haute tension arrivés en fin de vie.
Le procédé repose sur trois phases successives. Les batteries des véhicules hors d’usage sont d’abord démontées pour en extraire les matières premières. Ces résidus sont ensuite raffinés afin d’en isoler les composants essentiels : lithium, cobalt, nickel et manganèse. Ces éléments sont enfin réassemblés dans des cellules neuves, prêtes à être intégrées dans de nouveaux véhicules.
Porsche précise que ces batteries de seconde génération seront soumises à des tests aussi rigoureux que ceux appliqués aux packs fabriqués à partir de matières premières vierges. Le projet reste pour l’heure au stade expérimental, et le constructeur n’a pas communiqué de calendrier précis pour un éventuel passage à la production en série.
Au-delà de l’argument écologique, l’enjeu stratégique est considérable. La Chine contrôle actuellement plus de 70 % du marché mondial des batteries pour véhicules électriques, une position dominante qui expose les constructeurs européens à des risques d’approvisionnement chroniques. Si les résultats de Porsche s’avèrent concluants, la marque pourrait constituer une filière circulaire interne, moins tributaire des importations.
La question de la viabilité économique reste ouverte. Si le coût de production de ces batteries recyclées se révèle légèrement supérieur à celui des cellules importées, le modèle pourrait trouver preneur. Un surcoût trop important, en revanche, freinerait toute généralisation. Porsche n’exclut pas, à terme, de produire ces accumulateurs pour d’autres constructeurs, ce qui pourrait contribuer à repositionner l’Europe dans la chaîne de valeur de la mobilité électrique.

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