La République démocratique du Congo a dépassé le seuil des 9 000 cas confirmés d’Ebola, avec près de 4 400 morts. L’épidémie, la plus meurtrière de l’histoire du pays, gagne désormais les pays voisins.
Le bilan de l’épidémie d’Ebola qui frappe la République démocratique du Congo depuis le printemps 2026 a franchi un nouveau seuil alarmant. Le ministère congolais de la Santé a recensé, mardi 13 octobre, 9 066 cas confirmés et 4 381 décès, soit un taux de létalité avoisinant les 50 %. Ces chiffres font de cette épidémie la plus grave que le pays ait jamais connue.
À l’échelle mondiale, seule la vague qui avait ravagé l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016 dépasse ce bilan : 28 600 cas et plus de 11 000 morts avaient alors été enregistrés en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La situation actuelle s’en rapproche dangereusement.
L’épidémie est causée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, pour laquelle il n’existe à ce jour ni vaccin homologué ni traitement approuvé. Cette particularité complique considérablement la réponse sanitaire et alimente les craintes d’une propagation au-delà des frontières congolaises. Ces craintes se sont d’ailleurs concrétisées : le Kenya a signalé la semaine dernière son premier cas importé, un ressortissant kenyan résidant en RDC qui avait transité par l’Ouganda avant de rejoindre Nairobi, où il est décédé. L’Ouganda avait lui-même déclaré vingt cas et deux morts en début d’année, avant d’être déclaré indemne du virus en août.
Officiellement annoncée à la mi-mai, l’épidémie aurait en réalité débuté dès le mois de février selon certains experts. Le virus, qui se transmet par contact avec les fluides corporels d’une personne infectée, s’est propagé dans sept provinces du nord et de l’est du pays.
Les équipes de riposte se heurtent à des obstacles de taille. La méfiance des populations locales constitue l’un des freins majeurs : une partie des habitants perçoit la maladie comme un prétexte inventé par les autorités pour détourner des fonds. Cette défiance a des conséquences dramatiques. Un élu local de l’est du Congo a été tué à mort en septembre dernier après avoir défendu publiquement, à la radio, la gestion gouvernementale de l’épidémie, selon son parti politique.
Le contexte sécuritaire aggrave encore la situation. Les combats entre les forces gouvernementales et le groupe armé M23 rendent l’acheminement des ressources médicales vers les zones reculées particulièrement difficile, voire impossible par endroits.
Une lueur d’espoir émerge néanmoins sur le front scientifique. Le docteur Chikwe Ihekweazu, directeur exécutif du Programme des urgences sanitaires de l’OMS, a annoncé mardi qu’un essai clinique destiné à évaluer l’efficacité d’un vaccin contre la souche Bundibugyo devrait être lancé en RDC dans les prochaines semaines.

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