Les prisons françaises comptaient 89 446 détenus au 1er juillet, soit 4 495 personnes supplémentaires en un an. Cette progression de 5,3 % contraste avec celle du nombre de places opérationnelles, limité à 63 289 et en hausse de seulement 1,2 %. La densité carcérale nationale atteint désormais 141,3 %.
La situation est encore plus critique dans les maisons d’arrêt, où le taux d’occupation grimpe à 174,5 %. Ces établissements accueillent des condamnés à de courtes peines, mais aussi des prévenus en attente de jugement et donc présumés innocents. Faute de lits disponibles, 7 890 personnes dorment sur des matelas posés au sol, soit une augmentation de 35,4 % en un an.
Des constructions déjà dépassées par la hausse du nombre de détenus
Le ministère de la Justice prévoit la création de 3 000 places dans des établissements modulaires, dont 1 500 à partir de 2027. Cette réponse demeure cependant insuffisante au regard des retards accumulés : moins d’un tiers des 15 000 places annoncées dans le plan lancé en 2018 ont été livrées. Selon la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, il faudrait ouvrir un nouveau centre pénitentiaire toutes les six semaines pour suivre le rythme actuel.
Le Conseil de l’Europe a déjà alerté sur le risque de voir les prisons françaises se transformer en « entrepôts humains », en raison de la surpopulation, de l’insalubrité et des violences. Alors que les alternatives à l’incarcération et les aménagements de peine restent sous-utilisés, la construction de nouvelles cellules ressemble de plus en plus à une course impossible à gagner sans réforme plus profonde de la politique pénale.
Communauté
Commentaires
Écrire un commentaire
Soyez le premier à commenter cet article.