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Finances publiques : la Cour des comptes tance l’État et appelle à un effort immédiat

Finances publiques : la Cour des comptes tance l’État et appelle à un effort immédiat
Finances publiques : la Cour des comptes tance l’État et appelle à un effort immédiat

Avec un déficit record et une dette colossale, la France s’enfonce dans une impasse budgétaire. Dans son rapport annuel publié mercredi 2 juillet, la Cour des comptes tire la sonnette d’alarme et appelle à des ajustements immédiats pour éviter un scénario d’austérité imposée. Selon elle, seule une rigueur budgétaire engagée dès 2026 permettrait d’enrayer la spirale. Le diagnostic est brutal : 5,8 % de déficit public en 2024, soit le taux le plus élevé de la zone euro, et une dette qui s’élève à plus de 3 345 milliards d’euros, représentant 114 % du PIB. La Cour des comptes chiffre à 105 milliards d’euros l’effort à fournir d’ici 2029 pour revenir sous le seuil européen des 3 % de déficit. Faute d’action immédiate, le pays risque de s’exposer à une perte de contrôle totale sur sa trajectoire financière. Le président de la Cour, Pierre Moscovici, prévient : il faut choisir entre « un effort volontaire maintenant » ou « une austérité subie demain ». Il exhorte à une reprise en main de la dynamique de la dette, citant en exemple le redressement opéré par la Grèce ces dernières années.

Une trajectoire budgétaire fragilisée par des hypothèses incertaines

Pour 2025, l’exécutif vise une réduction du déficit à 5,4 % du PIB, puis 4,6 % en 2026, grâce à un effort de 50 milliards cette année et de 40 milliards supplémentaires l’année suivante. Une feuille de route jugée « fragile » par la Cour, en raison d’une croissance atone (0,6 % selon l’Insee), de hausses d’impôts en grande partie temporaires et d’économies qui ne s’appuient sur aucune mesure structurelle pérenne. Le gouvernement envisage de décréter une « année blanche » en 2026, avec un gel des prestations sociales, des retraites et du barème de l’impôt sur le revenu. Une initiative que soutient la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, mais qui soulève des questions sur sa faisabilité politique.

Vers un bras de fer parlementaire autour du prochain budget

Le Premier ministre François Bayrou a annoncé un plan de redressement budgétaire pour la mi-juillet. Il compte consulter les partis politiques pour qu’ils proposent eux-mêmes des économies en face de leurs promesses de dépenses. Une tentative de responsabilisation collective, alors que l’exécutif ne dispose pas de majorité absolue à l’Assemblée. La Cour, de son côté, insiste sur la nécessité de renouer durablement avec un excédent primaire, c’est-à-dire un solde positif hors charge de la dette, estimé à 1,1 point de PIB. Une performance que la France n’a plus réalisée depuis un quart de siècle. Alors que les intérêts de la dette pourraient bientôt dépasser les dépenses de l’éducation ou de la défense, le message est clair : « le report des efforts n’est plus possible ».

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