Crotte de chien sur le trottoir, dépôt sauvage de sacs-poubelles ou simple mégot jeté au sol : à Elbeuf, la mairie a décidé de frapper fort. Devant l’inefficacité des mesures prises jusqu’à présent, le maire Djoudé Merabet passe à la vitesse supérieure. À partir de cet été, les incivilités ne seront plus seulement punies d’amendes : elles entraîneront aussi une facturation du nettoyage. Une manière radicale de faire payer le pollueur jusqu’au dernier centime.
Amendes salées, nettoyage facturé : la double peine
Malgré un plan « ville propre » lancé en fanfare l’an dernier, le bilan est décevant. Les agents ramassent toujours des tonnes de détritus chaque semaine. Pour l’édile, la prévention ne suffit plus. Désormais, un maître indélicat qui oublie de ramasser une déjection canine écopera d’une amende de 135 euros, à laquelle s’ajoutera une facture forfaitaire de 76 euros pour le temps passé à nettoyer. Pour un dépôt sauvage, la note grimpera à 357 euros de nettoyage en plus des 135 euros d’amende. De quoi refroidir les plus téméraires. Le champ de la répression s’élargit aussi à des comportements souvent jugés mineurs : les autocollants collés sur le mobilier urbain ou les mégots jetés par terre sont désormais considérés comme autant d’atteintes à la qualité de vie. Le chef de la police municipale assure que les verbalisations explosent déjà depuis le début de l’année, et que le mouvement va s’intensifier.
L’heure des excuses est terminée
Le maire d’Elbeuf le reconnaît sans détour : il faudra du temps pour faire changer les comportements. Mais hors de question de baisser les bras. Cette offensive contre les incivilités est autant une question d’esthétique que de respect des agents municipaux et des habitants. Et si cela passe par une saignée financière pour les contrevenants, alors soit. La ville compte aussi sur l’autorité judiciaire pour que les sommes soient effectivement recouvrées. Car à Elbeuf, salir l’espace public ne sera plus un acte sans conséquence.