Yaël Braun-Pivet appelle Sébastien Lecornu à prendre ses responsabilités pour faire adopter le budget 2027, quitte à utiliser l’article 49.3 de la Constitution. Invitée de « Bonjour ! La Matinale TF1 » ce jeudi matin, la présidente de l’Assemblée nationale estime que la proximité de l’élection présidentielle rend particulièrement difficile la recherche d’un compromis entre les différentes forces politiques.
« Ce n’est pas mon genre de plaider pour le 49.3. Je suis présidente de l’Assemblée, mais là, il faut y aller », a-t-elle déclaré. Yaël Braun-Pivet demande au Premier ministre de présenter un budget « raisonnable et responsable », sans « ligne écarlate » pour les oppositions, puis d’engager la responsabilité de son gouvernement. Aux candidats à la présidentielle et aux groupes parlementaires, elle demande ensuite de prendre eux aussi leurs responsabilités face à une éventuelle motion de censure.
« Il faut avoir le sens de l’État »
Pour la présidente de l’Assemblée, l’exécutif ne doit pas chercher à négocier un nouveau pacte de non-censure. « On est à sept mois d’une présidentielle. Chacun va vouloir tirer la couverture à soi », prévient-elle. Dans ce contexte, elle considère que la priorité doit être de doter le pays d’un budget et juge qu’une crise budgétaire serait particulièrement dangereuse : « Mettre la France dans une situation catastrophique en la privant d’un budget, ce n’est pas avoir, à mon sens, le sens de l’État. »
Yaël Braun-Pivet s’est également exprimée sur la flambée des carburants. Elle demande au gouvernement de prolonger au-delà du 30 septembre l’aide de 100 euros destinée aux travailleurs modestes qui utilisent beaucoup leur voiture, notamment dans les territoires ruraux. Le dispositif concerne notamment ceux qui parcourent au moins 30 kilomètres aller-retour quotidiennement pour travailler ou plus de 8 000 kilomètres professionnels par an. Il a déjà été prolongé jusqu’à la fin septembre.
Enfin, la présidente de l’Assemblée s’est opposée au projet de Marine Le Pen d’interdire le voile dans l’espace public. « Je n’y crois pas du tout », a-t-elle déclaré, qualifiant une telle interdiction d’« inconstitutionnelle », de « discriminatoire » et de « contraire à toutes les valeurs de la République ». Elle invoque notamment la liberté de croire, de ne pas croire et d’exercer son culte.

Communauté
Commentaires
Écrire un commentaire
Soyez le premier à commenter cet article.