Alors que Sébastien Lecornu demande à ses ministres de contenir les dépenses de l’État en 2027, la Défense restera largement à l’écart du tour de vis budgétaire. La trajectoire issue de la loi de programmation militaire actualisée prévoit de porter les crédits de la mission « Défense » à 63,3 milliards d’euros l’an prochain, contre 57,1 milliards en 2026. Le budget des armées aura ainsi pratiquement doublé depuis 2017, lorsqu’il s’élevait à 32,2 milliards d’euros.
Cette hausse traduit le choix assumé par l’exécutif d’accélérer le réarmement français dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine et les tensions internationales. L’actualisation de la programmation militaire a ajouté 36 milliards d’euros de crédits budgétaires sur la période 2026-2030 par rapport à la trajectoire initiale, avec un effort particulièrement important concentré sur 2026 et 2027. Munitions, drones, défense antiaérienne, renseignement, espace et dissuasion figurent parmi les capacités prioritaires.
Le contraste est important avec le reste de l’État : Sébastien Lecornu souhaite maintenir en 2027 les dépenses des autres ministères au niveau de 2026 afin de dégager de nouvelles économies. La Défense constitue donc l’une des principales exceptions à cette règle, le Premier ministre ayant régulièrement présenté le réarmement comme un choix de souveraineté qui ne devait pas devenir une variable d’ajustement budgétaire.

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