Éric Coquerel a vivement réagi vendredi 2 octobre aux nouvelles révélations de Mediapart concernant des messages privés attribués à Jordan Bardella. Invité de franceinfo, le député La France insoumise de Seine-Saint-Denis a estimé que les propos publiés par le site d’investigation relevaient des « clichés antisémites les plus rances qui existent ». Cette réaction intervient après la publication, jeudi soir, de nouveaux éléments présentés par Mediapart comme permettant d’authentifier des conversations remontant à 2013 et 2014.
L’enquête initiale de Mediapart, publiée le 28 septembre, attribue au président du Rassemblement national plusieurs messages à caractère antisémite et complotiste écrits lorsqu’il était encore adolescent et jeune militant du Front national. Jordan Bardella conteste formellement en être l’auteur. Il a qualifié les documents de « faux grossiers » et, après avoir engagé une procédure en diffamation, a annoncé vouloir également déposer plainte pour faux et usage de faux.
Mediapart détaille sa méthode d’authentification
Face aux démentis du président du RN, Mediapart a rendu publics jeudi de nouveaux documents et détaillé sa méthode de vérification. Le média affirme avoir travaillé à partir de conversations Messenger transmises par deux sources distinctes ayant fréquenté l’entourage de Jordan Bardella à l’époque. Il dit également s’être appuyé sur une extraction de données Facebook permettant d’identifier l’interlocuteur sous le nom de Jordan Bardella et de vérifier que les échanges n’avaient pas été modifiés après leur envoi. Cette extraction aurait été authentifiée sous le contrôle d’un huissier.
Selon Mediapart, son enquête s’appuie également sur des courriels et sur des entretiens avec 18 personnes. Le journal considère que plusieurs éléments biographiques présents dans les conversations confortent l’attribution des messages au responsable politique. Ces éléments constituent toutefois les conclusions de l’enquête journalistique de Mediapart : Jordan Bardella continue de les contester et aucune décision judiciaire n’a, à ce stade, établi qu’il était l’auteur des messages.
Bardella maintient son démenti
Jeudi soir, Jordan Bardella a réagi en dénonçant des « pseudo-preuves », des captures d’écran qu’il juge manipulables et des propos qu’il assure n’avoir « évidemment jamais tenus ». Plusieurs responsables du RN lui ont apporté leur soutien. Marine Le Pen avait précédemment qualifié l’affaire de « barbouzerie », tandis que le député Jean-Philippe Tanguy estime que l’authenticité des échanges n’est pas démontrée.
La controverse a désormais pris une dimension politique et judiciaire. Plusieurs responsables de gauche et du centre ont demandé des explications au président du RN, tandis que Mediapart maintient l’intégralité de son enquête. La procédure engagée par Jordan Bardella contre le média devrait désormais déplacer une partie de la confrontation sur le terrain judiciaire, où la nature et l’authenticité des documents pourront faire l’objet d’un examen contradictoire.

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