Monrovia a conclu un accord avec Washington pour recevoir jusqu’à 1 200 ressortissants étrangers expulsés du territoire américain sur une période d’un an. Un premier groupe de vingt personnes doit atterrir dès jeudi.
Le Liberia devient l’un des partenaires africains les plus importants de la politique migratoire de l’administration Trump. L’accord, annoncé par le ministre libérien de l’Information Jerolinmek Piah, prévoit l’accueil de ressortissants étrangers que les États-Unis ne peuvent légalement renvoyer dans leur pays d’origine, notamment en raison de risques de persécution.
Les nationalités des personnes concernées n’ont pas été précisées. Piah a toutefois assuré qu’aucun d’entre eux n’était criminel ni poursuivi en justice, ni aux États-Unis ni au Liberia. Le premier contingent de vingt personnes sera libre de repartir à sa guise ou de déposer une demande d’asile, a-t-il précisé.
Le ministre a qualifié le dispositif d’« entièrement humanitaire », en rappelant l’histoire du pays, fondé au XIXe siècle comme terre d’accueil pour des esclaves affranchis et des Noirs libres venus des États-Unis et des Caraïbes. « Nous avons toujours accueilli des personnes qui ne peuvent retourner dans leur pays d’origine », a-t-il déclaré, ajoutant que refuser ces ressortissants de pays tiers irait « à l’encontre de nos intérêts ».
Contrairement à d’autres pays ayant conclu des arrangements similaires, Monrovia affirme n’avoir « ni exigé ni reçu aucune compensation ou promesse de récompense ». Le Liberia obtiendra néanmoins un soutien américain pour gérer le programme et renforcer son système migratoire, sans que les modalités financières aient été détaillées.
Plusieurs nations africaines ont déjà signé des accords comparables avec Washington : le Ghana, la Guinée équatoriale, l’Eswatini, la République démocratique du Congo et la Sierra Leone. L’Eswatini avait confirmé en novembre avoir perçu 5,1 millions de dollars de l’administration américaine, suscitant de vives critiques de la part d’organisations de défense des droits humains. Le Ghana fait quant à lui face à des poursuites judiciaires, accusé d’avoir renvoyé de force des expulsés vers des pays qu’ils avaient fuis.
Le département d’État américain n’a formulé aucun commentaire sur l’accord libérien. Les groupes de défense des droits dénoncent régulièrement l’opacité de ces arrangements dits de « pays tiers », dont la légalité reste contestée.
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