Antoine Volodine achèvera sa carrière littéraire par la publication simultanée de 11 romans chez 11 éditeurs différents. À partir du 24 août, Robert Laffont, Le Seuil, Actes Sud, Minuit, Verdier ou encore La Volte proposeront chacun un ouvrage signé Infernus Iohannes, nouveau pseudonyme de Jean Desvignes. L’écrivain septuagénaire, récompensé par le prix Médicis en 2014 pour Terminus radieux, présente cette opération comme un dernier « feu d’artifice » motivé notamment par la vieillesse et la maladie.
Comptant entre 150 et 320 pages, les livres portent des titres comme Ultimes sursauts, Mémoire, mode d’effroi, Survies minuscules ou Malaise chez les plongeuses. Tous sont rattachés à la série Retour au goudron, dont le dernier volume constitue le 49e et ultime ouvrage du projet post-exotique imaginé par l’auteur depuis les années 1980. Conformément à une annonce formulée plusieurs décennies auparavant, le cycle s’achève sur la phrase « Je me tais ».
L’ultime chapitre du « post-exotisme »
Les 11 ouvrages explorent des univers fantomatiques marqués par la cruauté, l’absurdité, les catastrophes du XXe siècle, l’échec des révolutions et un humour souvent grinçant. Volodine y développe une nouvelle fois son concept de « post-exotisme », un monde littéraire volontairement fermé dans lequel interviennent plusieurs voix, associées aux nombreux pseudonymes utilisés au cours de sa carrière. Les récits mettent notamment en scène des personnages évoluant dans les limbes entre la vie et la mort, en référence au « bardo » de la tradition bouddhiste.
Les romans pourront être lus indépendamment et dans n’importe quel ordre. L’auteur a adapté leur forme aux identités des différentes maisons d’édition, en alternant récits courts, contes, dialogues et ouvrages accompagnés de photographies. Il espère que les librairies conserveront suffisamment longtemps l’ensemble de la collection pour permettre à ses lecteurs les plus fidèles de parcourir, sans précipitation, cette conclusion exceptionnelle d’une œuvre construite pendant plus de quarante ans.
Communauté
Commentaires
Écrire un commentaire
Soyez le premier à commenter cet article.