La bataille judiciaire autour de la campagne d’affichage de Robert Ménard tourne une nouvelle fois en faveur de la Ville de Béziers. La municipalité annonce que le tribunal administratif n’a ordonné aucune suspension des affiches installées dans l’espace public, ni de leur diffusion sur les réseaux sociaux. Selon le communiqué publié par la Ville, l’homme qui avait saisi la justice devra en outre lui verser 1 000 euros.
La campagne avait fait beaucoup parler lors de la Feria de Béziers. Sur les panneaux municipaux, Robert Ménard apparaissait de dos devant une foule, accompagné du slogan : « On aime la messe, on aime les femmes, on aime les toros, on aime les flics, et vous ? » Une communication que le maire de Béziers avait immédiatement assumée, malgré les critiques visant notamment la référence à la messe, à la corrida et aux femmes.
La demande de retrait des affiches n’aboutit pas
D’après la Ville de Béziers, la nouvelle procédure avait été engagée par un homme présenté comme « Monsieur C., de Lyon », qui demandait la suspension de la campagne. La municipalité affirme que le tribunal administratif n’a finalement prononcé ni le retrait de l’affichage urbain ni la suppression des publications diffusées sur ses réseaux sociaux.
La Ville ne cache pas sa satisfaction et résume la décision d’un mot : « Raté ». Elle précise également que le requérant devra lui verser 1 000 euros, avant d’afficher clairement son intention de poursuivre cette communication : « Nous n’avons jamais demandé à personne d’aimer ce que nous aimons. Mais personne ne nous interdira de le dire. »
Un premier recours avait déjà été rejeté en août
Ce n’est pas la première fois que cette campagne arrive devant le tribunal administratif de Montpellier. Dès le 16 août, un homme avait saisi en urgence le juge des référés pour obtenir son retrait, estimant notamment que la formule « on aime la messe » portait une atteinte grave au principe de laïcité.
Le 18 août, cette première requête avait été rejetée. Le tribunal avait notamment considéré que l’urgence nécessaire à une procédure de référé-liberté n’était pas démontrée, puisque le week-end du 15 août était presque terminé au moment de la saisine. Le juge avait également relevé que le requérant ne résidait pas à Béziers et n’était pas abonné à la page Facebook de la commune, estimant qu’il ne justifiait pas d’un intérêt à agir suffisant dans cette procédure.
Une campagne lancée en pleine Feria de Béziers
Ces affiches avaient accompagné la Feria organisée au mois d’août. Lors de son discours d’ouverture, Robert Ménard avait déjà revendiqué publiquement son attachement aux traditions de Béziers, en particulier à la corrida, à l’identité méditerranéenne de la ville et à une certaine conception des traditions locales.
Face aux critiques suscitées par les panneaux, la municipalité ne change donc pas de ligne. Son nouveau communiqué porte d’ailleurs un titre sans ambiguïté : « On aime. Ça dérange. On continue. » Et sa conclusion est tout aussi claire : « On aime. On l’affiche. Et on continuera. »


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