Le parti de Nigel Farage a reçu deux dons de 36 millions de livres chacun de la part de Christopher Harborne et Ben Delo, deux milliardaires issus du secteur des cryptomonnaies. Une manne qui relance le débat sur le financement privé de la vie politique britannique.
Deux dons de 36 millions de livres sterling, soit 72 millions au total : Reform UK n’avait pas vu venir une telle aubaine. Les donateurs, Christopher Harborne et Ben Delo, ont tous deux fait fortune dans les cryptomonnaies. Le parti de Nigel Farage peut désormais envisager son avenir financier avec une sérénité inédite.
Ces versements couvrent notamment les frais de sécurité de Farage, qui n’aura plus à puiser dans les 5 millions de livres qu’il avait lui-même reçus à titre gracieux. Les déjeuners au champagne et aux huîtres destinés à solliciter des contributions de 500 000 livres auprès de donateurs résidant à l’étranger appartiennent, eux aussi, à un autre temps. Le seuil informel semble désormais fixé à huit chiffres.
L’ironie de la situation n’échappe à personne : si le Parti travailliste ou les Conservateurs avaient encaissé des sommes comparables, Reform aurait dénoncé un système politique verrouillé par les grandes fortunes et des partis transformés en distributeurs automatiques de cash. Mais l’argent allant cette fois dans les caisses du parti, le ton est tout autre. Aucune indignation, aucune mise en garde contre l’influence des super-riches sur le processus démocratique.
C’est Robert Jenrick qui a été chargé de défendre publiquement ces donations face à la journaliste Laura Kuenssberg. L’ancien ministre, dont le nom reste associé à une affaire dans laquelle il avait contribué à faire économiser des millions au magnat de la presse Richard Desmond, s’est donc retrouvé à plaider la cause d’un financement que ses propres alliés auraient vilipendé s’il avait profité à leurs adversaires.

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