Le juge en chef John Roberts a signé vendredi une ordonnance temporaire permettant la poursuite du chantier controversé de 400 millions de dollars à la Maison-Blanche, suspendant ainsi une décision judiciaire inférieure qui aurait dû stopper les travaux ce même jour.
Le projet de salle de bal de Donald Trump à la Maison-Blanche peut continuer, au moins provisoirement. La Cour suprême des États-Unis a accordé vendredi une suspension temporaire de l’injonction qui devait mettre fin aux travaux, le temps que la juridiction examine le recours d’urgence déposé par l’administration Trump. C’est le juge en chef John Roberts, compétent pour les appels issus de la région de Washington, qui a signé l’ordonnance.
Les tribunaux inférieurs avaient ordonné l’arrêt du chantier, estimant qu’un projet d’une telle ampleur nécessitait l’approbation du Congrès. En avril, le juge fédéral Richard Leon, nommé sous la présidence de George W. Bush, avait interdit la construction en surface, rappelant que le président « n’est pas le propriétaire » de la Maison-Blanche. Plus tôt ce mois-ci, une majorité de juges d’une cour d’appel avait confirmé cette injonction, estimant que « la question de savoir si une immense salle de bal doit être construite relève du Congrès et non d’une initiative unilatérale du pouvoir exécutif ».
L’ambition de Trump de doter la Maison-Blanche d’une grande salle de réception remonte à 2010, lorsqu’il avait approché l’administration Obama à ce sujet. Depuis son retour à la présidence en 2025, il a accéléré la cadence. En octobre, son administration a démoli l’aile est du bâtiment, vieille d’un siècle, sans préavis public, pour dégager l’espace nécessaire. La future structure devrait couvrir environ 8 400 mètres carrés, soit une superficie bien supérieure à celle du bâtiment principal de la Maison-Blanche.
L’administration soutient que 65 % des travaux sont déjà achevés. Les équipes opèrent vingt heures par jour, sept jours sur sept, selon des documents déposés par le département de la Justice. Environ 200 millions de dollars de dons privés ont été dépensés ou engagés, précisent ces mêmes documents. Trump avait initialement promis un financement entièrement privé, mais des fonds publics ont également été sollicités, ce que ses détracteurs n’ont pas manqué de relever.
Si l’administration invoque désormais des impératifs de sécurité nationale pour justifier l’urgence des travaux, ses arguments initiaux portaient surtout sur le manque d’espace pour organiser des dîners d’État. Sous la salle de bal, un bunker sur plusieurs niveaux doit accueillir un hôpital et des installations militaires, travaux que le juge Leon avait autorisés à se poursuivre au titre de la sécurité.
La procédure judiciaire a été engagée en décembre par le National Trust for Historic Preservation, qui conteste le droit du président à mener seul de tels travaux. Les avocats de l’association ont accusé la Maison-Blanche de chercher à « devancer les tribunaux » en accélérant délibérément le chantier malgré les injonctions. La Cour suprême, dont six des neuf membres ont été nommés par des présidents républicains, doit maintenant se prononcer sur le fond de l’appel d’urgence de l’administration.
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