À l’occasion du 25e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, la CIA a rendu publics plusieurs dizaines de comptes rendus de briefings présidentiels détaillant ce que les services de renseignement américains savaient sur Oussama Ben Laden et al-Qaïda avant les attaques.
Le directeur de la CIA, John Ratcliffe, a qualifié cette publication d’« acte de transparence exceptionnel ». Il s’agit, selon lui, de la plus grande divulgation de briefings quotidiens présidentiels déclassifiés jamais réalisée par l’agence. Ces documents, préparés à l’intention des plus hauts responsables du gouvernement américain, couvrent une période allant de février 1998 au lendemain des attaques.
Le plus ancien des textes rendus publics, daté de février 1998 et adressé au président Bill Clinton, portait le titre « Terroristes cherchant une capacité en armes de destruction massive » et mentionnait déjà Ben Laden parmi d’autres extrémistes islamistes. À l’autre extrémité de la chronologie, un rapport du 12 septembre 2001 indiquait, selon une source, que les attentats avaient été planifiés deux ans à l’avance et visaient également le Capitole américain.
Un document d’avril 1998 décrivait le refus des talibans de livrer Ben Laden, alors considéré comme leur « invité » en Afghanistan. Leur « gratitude pour son aide durant l’occupation soviétique » les rendait, selon le texte, « réticents à l’aliéner en surveillant ou en contrôlant ses activités ».
Cinq mois plus tard, un briefeur notait que l’option privilégiée de Ben Laden était de « frapper les États-Unis sur leur propre sol, à Washington » et qu’al-Qaïda « pourrait faire s’écraser un avion chargé d’explosifs sur une ville américaine ». En décembre 1998, d’autres documents évoquaient des répétitions de détournements d’avions : des membres du réseau Ben Laden auraient « contourné les contrôles de sécurité lors d’un essai récent dans un aéroport non identifié de New York » et « certains membres du réseau ont reçu une formation au détournement ».
Les services de renseignement suivaient par ailleurs la recherche par Ben Laden de matériaux pour fabriquer des « bombes sales », ces engins conventionnels contaminés à des matières radioactives. Dès juin 1999, ses opérateurs auraient conduit des expériences avec des explosifs pour « augmenter leur puissance ».
De nombreux passages restent caviardés afin de protéger l’identité des sources. Les documents ne semblent pas apporter d’éléments inédits sur la planification des attaques, qui ont coûté la vie à près de 3 000 personnes et profondément reconfiguré la politique de sécurité nationale des États-Unis.

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