Invité ce jeudi matin sur LCI, Robert Ménard a refusé de choisir, à ce stade, entre Marine Le Pen et Bruno Retailleau pour 2027. Le maire de Béziers affiche néanmoins sa sympathie pour la droite incarnée par le patron des Républicains, tout en réservant ses critiques les plus sévères à Édouard Philippe et Jordan Bardella.
Interrogé sur son choix pour la prochaine présidentielle, Robert Ménard assure ne soutenir « personne » pour l’instant. « J’étais hier avec Bruno Retailleau et je discute avec lui. Je discute avec des gens du RN. J’attends de voir », explique-t-il. S’il reconnaît que « la droite que représente Bruno Retailleau » a sa sympathie, il refuse encore de lui apporter officiellement son soutien.
Le maire de Béziers conserve également une relation compliquée avec Marine Le Pen, dont il estime qu’elle « lui en veut », tout en affichant un certain respect pour son parcours politique. Il rappelle notamment sa capacité à se relever après son débat raté face à Emmanuel Macron en 2017 : « Elle a reçu suffisamment de coups pour se relever. (…) Elle peut être chef de l’État. Je respecte ça chez elle. »
« Comment peux-tu voter Édouard Philippe aujourd’hui ? »
Robert Ménard est en revanche beaucoup plus dur avec Édouard Philippe. « Comment pouvez-vous voter Édouard Philippe aujourd’hui ? », lance-t-il. Il reproche à l’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron de défendre désormais des mesures qu’il n’a pas mises en œuvre lorsqu’il était à Matignon.
Prenant notamment l’exemple de Mayotte, le maire de Béziers estime qu’Édouard Philippe ne peut pas aujourd’hui expliquer qu’il aurait fallu agir différemment après avoir passé plus de trois ans à la tête du gouvernement. « Si tu ne peux pas faire ce que tu veux, tu t’en vas », tranche Robert Ménard. « Tu ne nous dis pas quelques années après qu’il fallait faire ceci ou cela. Ce n’est pas sérieux. »
Même réserve à l’égard de Gabriel Attal, lui aussi ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron. Sans attaque personnelle, Robert Ménard estime que l’appartenance passée au gouvernement pèsera nécessairement dans le jugement des électeurs.
Sur Jordan Bardella, le maire de Béziers maintient également ses critiques. Il assume l’avoir qualifié de « gamin sans expérience » : « Il a 30 balais. Quelle expérience a-t-il en dehors de la politique ? Aucune. » S’il assure qu’il respecterait évidemment Bardella s’il devenait Premier ministre, il considère toujours qu’il ne possède pas, à ce stade, l’expérience nécessaire pour exercer cette fonction.
Enfin, Robert Ménard se montre plutôt favorable au principe d’une primaire de la droite et du centre, mais doute fortement de sa faisabilité. Il s’interroge notamment sur ce qui pourrait réellement réunir des personnalités aussi différentes que Sarah Knafo et Édouard Philippe et surtout sur la capacité des perdants à soutenir ensuite loyalement le vainqueur.
À moins d’un an de l’élection présidentielle, Robert Ménard refuse donc encore de choisir son candidat. Mais son intervention dessine déjà assez clairement ses préférences : une proximité avec la droite de Bruno Retailleau, un respect maintenu pour Marine Le Pen, et une défiance beaucoup plus forte envers Édouard Philippe et Jordan Bardella.

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